Une frappe aérienne touche une maternité

La frappe aérienne qui a touché et partiellement détruit une maternité dans la province rurale d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, le 29 juillet après-midi, semble s’inscrire dans le cadre d’une politique d’attaques illégales prenant délibérément pour cibles des infrastructures médicales, a déclaré Amnesty International.

On ne connaît pas encore le nombre de victimes de cette attaque, mais un porte-parole de Save the Children, organisation qui soutient l’hôpital, a déclaré aux médias que le bilan s’élevait au moins à deux morts. Cette attaque, dont on ne connaît pas encore les responsables, a eu lieu dans une région contrôlée par des groupes armés où les forces armées syriennes et russes ont lancé des frappes aériennes.

« Les attaques délibérées contre des hôpitaux et des structures médicales constituent de graves violations des lois de la guerre et ne peuvent être justifiées. Les hôpitaux, qui bénéficient d’une protection spéciale au titre du droit international humanitaire, doivent rester des lieux sûrs pour les mères, les nouveaux-nés et les travailleurs médicaux – même en plein cœur d’un conflit de longue haleine », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

Sur les photos etvidéosprises après la frappe aérienne, on peut voir une partie de l’hôpital en ruines, des gravats éparpillés à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment. D’autres clichés pris à peu près au moment de la frappe présentent des nouveaux-nés dans des couveuses. D’après Save the Children, il s’agit de la seule maternité de la région, et 700 femmes venaient y accoucher chaque mois.

Cette attaque intervient après que des frappes aériennes ont touché quatre hôpitaux et une banque du sang dans l’est de la ville d’Alep, les 23 et 24 juillet. Selon l’UNICEF, l’une de ces structures, un hôpital pédiatrique, a été touché deux fois en moins de 12 heures.

Les dernières attaques relèvent semble-t-il d’une pratique dont a rendu compte Amnesty International, qui consiste de la part des forces armées syriennes et russes à frapper délibérément des hôpitaux et infrastructures médicales syriennes, dans le cadre de leur stratégie militaire. Attaquer délibérément des installations médicales peut constituer un crime de guerre. Ces attaques, qui ne font pas la distinction entre les bâtiments civils, tels que les hôpitaux, et les cibles militaires, sont interdites et constituent de possibles crimes de guerre.

« La Syrie et la Russie doivent mettre un terme aux attaques contre les hôpitaux et les structures médicales. Il faut enquêter sur ces agissements et déférer à la justice les responsables présumés de graves violations des lois de la guerre », a déclaré Philip Luther.

L’ONG Physicians for Human Rights (Médecins pour les droits humains) recueille des informations sur les attaques visant les professionnels de santé et les infrastructures médicales dans le cadre du conflit en Syrie. Avant la frappe du 29 juillet, elle avait déjà recensé 373 attaques contre des infrastructures médicales, ayant fait 750 morts parmi le personnel. La grande majorité de ces attaques est imputable aux forces du gouvernement syrien et à leurs alliés.

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