Vénézuéla. Pour que la loi soit réellement appliquée, il faut une volonté politique étayée par des ressources suffisantes

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI

Caracas – Dans son nouveau rapport publié ce 16 juillet 2008, Amnesty International a exhorté les autorités vénézuéliennes à faire montre de leur volonté politique et à fournir les ressources requises afin que la nouvelle loi sur la violence contre les femmes soit réellement appliquée.

« La loi vénézuélienne adoptée en 2007 afin de protéger les femmes contre les violences est un exemple pour les autres pays de la région. Mais elle n’apportera rien aux femmes si elle n’est pas pleinement mise en œuvre, a déclaré Guadalupe Marengo, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International.

« L’application de la loi passe par de nouveaux centres d’accueil, des tribunaux spéciaux et la formation des personnes amenées à prendre ces crimes en charge. »

Le rapport d’Amnesty International se penche sur la violence domestique qui touche les femmes au Vénézuéla.
Dans ce pays, des milliers de femmes sont victimes de coups, d’insultes et de viols au sein de leur foyer. En 2007 seulement, 4 484 femmes ont appelé le service de soutien téléphonique mis en place par l’INAMUJER (Institut national de la femme) afin de dénoncer les violences subies. Pourtant, les organisations locales estiment que seule une femme sur neuf signale aux autorités les violences dont elle est victime.

Nombre de femmes ayant témoigné auprès des représentants d’Amnesty International au Vénézuéla ont déclaré que l’absence d’indépendance financière et d’information, la pénurie de centres d’accueil (deux seulement dans un pays qui compte plus de 27 millions d’habitants) et l’insuffisance des ressources de la police et de l’infrastructure judiciaire ne leur permettaient guère de se sentir en sécurité.

« Des milliers de femmes au Vénézuéla vivent dans la crainte permanente de subir les violences de leur compagnon, et ont peur pour leur vie et pour la sécurité de leurs enfants. En l’absence d’un système de protection, bien des femmes pensent qu’elles n’ont d’autre choix que de rester avec leur agresseur ou de se retrouver à la rue, sans pouvoir assurer leur subsistance ni celle de leurs enfants », a expliqué Guadalupe Marengo.

En mars 2007, le gouvernement a adopté une loi qui définit la violence contre les femmes comme une atteinte aux droits humains et réaffirme la responsabilité de l’État et de ses représentants dans l’éradication de ce fléau. Cette loi se substitue à la précédente, promulguée en 1999, qui, bien que positive, n’était pas pleinement mise en œuvre.

Elle prévoit des mesures visant à prévenir la violence contre les femmes, à protéger les femmes en danger et à sanctionner les responsables. Elle engage également les autorités à mettre en œuvre un programme ambitieux afin que la population prenne conscience et s’affranchisse des opinions qui cautionnent ou occultent ce crime rarement dénoncé.

« Le gouvernement vénézuélien doit se montrer à la hauteur des défis lancés par la loi de 2007 », a conclu Amnesty International.

Vous pouvez consulter le rapport intitulé The law is there, let’s use it – ending domestic violence in Venezuela, à l’adresse suivante : http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR53/001/2008/en.

Mettre fin à la violence domestique – Faits et chiffres

En 2005, les organisations non gouvernementales (ONG) ont recensé 36 777 cas de femmes victimes de violences infligées par leur compagnon ou ex-compagnon – soit une femme toutes les quinze minutes en moyenne (Violencia contra las Mujeres 2005, novembre 2006, AVESA / Centro de Estudios de la Mujer de la UCV / FUNDAMUJER).

D’après les organisations locales, seule une femme sur neuf dénonce aux autorités les violences dont elle est victime.

Au cours du premier semestre de l’année 2007, 490 plaintes concernant des violences contre des femmes ont été instruites (Division de recherche et de protection pour les enfants, les jeunes, les femmes et la famille, Corps d’investigation scientifique et criminelle).

Au cours de l’année 2007, les auteurs des violences contre les femmes étaient le plus souvent leur époux ou compagnon actuel (31,95 p. cent et 36,57 p. cent respectivement) et, dans une moindre mesure, leur ex-compagnon ou d’autres membres de la famille (Institut national de la femme, INAMUJER).

En 1999, l’INAMUJER a mis en place à l’échelon national une ligne d’appel d’urgence confidentielle (« 0800Mujeres ») qui offre gratuitement des conseils aux femmes victimes de violences liées au genre. Entre décembre 1999 et décembre 2007, ce service d’assistance a reçu 29 168 appels émanant de tout le pays, dont 4 484 appels pour la seule année 2007.

Le Vénézuéla, qui compte plus de 27 millions d’habitants, ne dispose que de deux centres d’accueil pour les femmes victimes de violences.

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