VIÊT-NAM Encore un dissident âgé devant les tribunaux

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Encore un dissident âgé, membre d’Amnesty International, va être jugé lundi
19 juillet 2004 à Ho Chi Minh-Ville après avoir passé seize mois en
détention dans cette même ville. Nguyen Dan Que, médecin réputé et ancien
directeur d’hôpital âgé de soixante-deux ans, est un militant des droits
humains de longue date.

« Pourquoi les autorités vietnamiennes emprisonnent-elles, parfois pour des
années, des hommes âgés et brillants pour avoir simplement dit ce qu’ils
pensent ? », a demandé Amnesty International, ce jour, jeudi 15 juillet
2004. « Le docteur Nguyen Dan Que n’aurait jamais dû être arrêté. Il doit
être libéré immédiatement et sans condition. »

Nguyen Dan Que a été arrêté le 17 mars 2003 à Ho Chi Minh-Ville alors qu’il
se rendait dans un cybercafé. On pense qu’il a été arrêté pour avoir déclaré
quatre jours auparavant qu’il n’y avait pas de liberté d’information au
Viêt-nam. Cette déclaration a circulé sur Internet et a été publiée à
l’étranger.

Nguyen Dan Que a d’abord été maintenu au secret et sa femme a été autorisée
à lui rendre visite il y a seulement quelques mois. Il est en mauvaise santé
et souffre de calculs rénaux, d’un ulcère hémorragique et d’hypertension qui
nécessitent un traitement.

« Le docteur Nguyen Dan Que - titulaire de nombreuses récompenses pour son
activité en faveur des droits humains - a travaillé sans relâche pour
défendre les droits humains fondamentaux de ses compatriotes. Ses
emprisonnements à répétition constituent un drame pour lui et pour son pays
 », a ajouté Amnesty International.

Il serai inculpé d’« abus de droits démocratiques dans le but de porter
atteinte aux intérêts de l’État », le même chef d’inculpation que celui
porté contre deux autre dissidents âgés qui ont été jugés au cours des
quinze derniers jours. Nguyen Dan Que n’a pas été autorisé à rencontrer un
avocat et sa famille n’a reçu aucun document officiel indiquant les
accusations portées contre lui. Il est donc très probable qu’il n’aura pas
d’avocat lors de son procès.

Amnesty International demande aux autorités vietnamiennes de veiller à ce
que le procès de Nguyen Dan Que se déroule conformément aux normes
internationales en termes de procès équitable et qu’il soit ouvert aux
observateurs extérieurs.

Contexte

Nguyen Dan Que a déjà été emprisonné à deux reprises et il a passé au total
dix-huit ans en prison. En février 1978, il avait été arrêté et accusé de « 
rébellion contre le régime » et « création d’une organisation réactionnaire
nommée Front national de progrès ». Il a été libéré en 1988 après dix ans de
prison sans jugement.

Il a été arrêté une nouvelle fois en juin 1990 après avoir fondé le Cao Trao
Nhan Ban (Mouvement de la marée haute de l’humanisme) qui appelait à un
changement démocratique. Il était aussi membre d’Amnesty International, ce
dont il a été accusé. En novembre 1991, il a été condamné à vingt ans de
prison pour « activités visant à renverser le gouvernement populaire ». Il a
été libéré en septembre 1998 à l’occasion d’une amnistie exceptionnelle. À
ces deux occasions, il a été adopté comme prisonnier d’opinion par Amnesty
International.

Index AI :41/015/2004
ÉFAI

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