Communiqué de presse

Zimbabwe. Le premier anniversaire de la nouvelle Constitution ne justifie pas des célébrations

Un an après la promulgation de la nouvelle Constitution, qui promettait de meilleures libertés civiles pour tous, des lois restrictives à l’égard de droits reconnus comme fondamentaux par la communauté internationale sont toujours en vigueur au Zimbabwe, a déclaré Amnesty International jeudi 22 mai 2014.

« Il y a un an, le peuple du Zimbabwe se félicitait de la nouvelle Constitution, prometteuse d’une Déclaration des droits nettement améliorée. Malheureusement, depuis lors les législateurs se sont abstenus de modifier ou d’abroger les lois devenues inconstitutionnelles, que les autorités continuent à utiliser pour opprimer ceux qui exercent leurs droits au Zimbabwe », a dit Deprose Muchena, directeur du bureau régional pour l’Afrique australe d’Amnesty International.

Des lois relatives à l’ordre public et à la sécurité et des lois pénales sont utilisées pour refuser aux gens le droit d’exercer leur liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, malgré les garanties figurant dans la nouvelle Constitution.

D’après les nombreuses informations rassemblées par Amnesty International, il est arrivé maintes fois, l’an dernier, que des réunions ou des activités soient interdites et des défenseurs des droits humains arrêtés et inculpés.

Rien qu’au mois d’avril, une dizaine de manifestants et de militants communautaires ont été arrêtés pour avoir organisé des manifestations pacifiques à Masvingo, et pour y avoir pris part.

Les journalistes indépendants exercent un métier de plus en plus risqué et sont régulièrement arrêtés et inculpés.

Le 28 avril, un reporter ainsi que le rédacteur en chef de NewsDay, Nevanji Madanhire, ont été inculpés d’infraction au droit pénal après que le journal eut laissé entendre que la police était responsable de la mort d’un enfant de 4 ans qui avait été tué par un minibus tentant d’échapper à la police.

Le 3 mai, la police a interdit une marche prévue à Harare à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

La nouvelle Constitution, approuvée par une large majorité lors d’un référendum, avait été adoptée en grande pompe le 22 mai 2013. Sa Déclaration des droits tient compte de nombreux droits humains, dont des droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques.

« La nouvelle Constitution présente ce que le Zimbabwe veut devenir : un pays qui protège par la loi les droits et libertés de tous les citoyens. Un pays où les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique sont respectés, et où les journalistes et les défenseurs des droits humains peuvent exercer leur profession ou mener leurs activités sans crainte de harcèlement, d’intimidation ou d’arrestation », a ajouté Deprose Muchena.

« Un an après l’adoption de la loi fondamentale, nous prions le gouvernement de prendre d’urgence des mesures pour rendre les lois du pays conformes à ce texte et de faire de cette vision une réalité. »

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