Guatemala, libération de la prisonnière d’opinion Virginia Laparra

Virginie Laparra

Une décision du 3 janvier 2024 d’une juge de la ville de Guatemala a autorisé la libération immédiate de Virginia Laparra, ancienne procureure spéciale contre l’impunité.

« Virginia Laparra n’aurait jamais dû passer un seul jour en prison. Nous nous réjouissons qu’elle puisse retrouver ses proches après avoir passé près de deux ans en détention comme prisonnière d’opinion. Sa libération marque un premier pas vers la fin des graves violations des droits humains qu’elle subit en représailles de son travail remarquable en tant que procureure anticorruption, a déclaré Ana Piquer, directrice du programme Amériques à Amnesty International.

« Nous regrettons cependant que Virginia Laparra soit toujours reconnue coupable d’un crime qu’elle n’a pas commis et qu’elle doive faire face à un autre procès sans fondement en raison du recours déplorable à la répression pénale contre des dizaines de personnes qui, comme elle, mènent la lutte contre l’impunité. Amnesty International demande une nouvelle fois aux autorités guatémaltèques de mettre immédiatement fin à l’utilisation abusive du système de justice pénale à des fins de harcèlement, d’intimidation et de sanction contre des juges, des procureur·e·s, des défenseur·e·s des droits humains et des journalistes ».

« Amnesty International tient à souligner l’importance des pressions internationales dans des affaires comme celle de Virginia Laparra. Dans les Amériques comme dans le monde entier, notre mouvement n’a cessé d’exiger la libération de l’ancienne procureure »

Le 28 novembre 2022, Amnesty International avait désigné l’ancienne procureure comme prisonnière d’opinion au motif que sa détention était uniquement due à son travail de défense des droits humains à la tête du bureau spécial du parquet contre l’impunité à Quetzaltenango, et avait demandé sa libération immédiate et sans condition. En mai 2023, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire avait statué que la détention de l’ancienne procureure chargée de la lutte contre la corruption était arbitraire et avait demandé sa libération immédiate. Parallèlement, des milliers de militant·e·s des droits humains à travers le monde ont continué de se mobiliser autour de cette affaire.

« Amnesty International tient à souligner l’importance des pressions internationales dans des affaires comme celle de Virginia Laparra. Dans les Amériques comme dans le monde entier, notre mouvement n’a cessé d’exiger la libération de l’ancienne procureure », a déclaré Ana Piquer.

Les poursuites pénales sans fondement engagées contre Virginia Laparra s’inscrivent dans un contexte d’attaques contre des dizaines de personnes travaillant sur des affaires très médiatisées de corruption à grande échelle et de violations des droits humains. D’après les données de l’Unité de protection des défenseures et défenseurs des droits humains au Guatemala (UDEFEGUA), 3 754 attaques contre des défenseur·e·s des droits humains ont eu lieu en 2022, et au moins 73 cas d’exil d’acteurs et d’actrices du secteur judiciaire, de journalistes et de militant·e·s ont été recensés.

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