Journée de la visibilité intersexe - cinq idées fausses à dissiper

Idée fausse n° 1 : Tout le monde naît garçon ou fille

Beaucoup de gens pensent que le monde est divisé en deux catégories bien distinctes de personnes, les hommes et les femmes, et que toute personne présente des caractéristiques biologiques et génétiques qui relèvent d’une seule de ces deux catégories.

Pourtant, ce n’est pas toujours le cas. Des millions de personnes dans le monde présentent des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions traditionnelles binaires du corps masculin ou féminin. Beaucoup d’entre elles, bien que ce ne soit pas le cas de toutes, s’identifient comme intersexes.

Le terme intersexuation est un terme générique utilisé pour désigner un large éventail de variations naturelles qui affectent les organes génitaux, les gonades, les hormones, les chromosomes ou les organes reproducteurs. Ces caractéristiques peuvent être visibles à la naissance, apparaître seulement à la puberté, ou encore ne pas être apparentes du tout sur le plan physique.

Idée fausse n° 2 : L’intersexuation est très rare

Selon les spécialistes, environ 1,7 % de la population naît avec des caractéristiques intersexes, ce qui est comparable au nombre d’enfants qui naissent avec des cheveux roux.

Pourtant, le terme intersexe reste très mal compris et les personnes intersexes sont extrêmement sous-représentées. Cette semaine, une note de service de l’administration Trump qui a fait l’objet d’une fuite a donné à penser que le gouvernement américain travaillait sur une redéfinition des notions de sexe et de genre, pour les diviser en deux catégories « immuables » : masculin et féminin. Cela reviendrait à nier complètement l’existence des personnes transgenres et intersexes, avec des conséquences dangereuses pour les droits humains aux États-Unis et au-delà.

Idée fausse n° 3 : L’intersexuation est une anomalie qu’il faut corriger

De nombreux enfants intersexes subissent des interventions chirurgicales destinées à les « normaliser » - alors même que ces opérations sont souvent invasives, irréversibles et dénuées de caractère d’urgence.

Les médecins et les parents peuvent être bien intentionnés, mais la réalité est que les interventions réalisées sur des enfants intersexes peuvent entraîner des problèmes majeurs, notamment une infertilité, des douleurs, une incontinence et des souffrances psychologiques tout au long de la vie. Tout cela uniquement pour que ces enfants soient conformes à l’idée que la société se fait de ce à quoi une fille ou un garçon « doit » ressembler.

Un rapport d’Amnesty International a mis en évidence les raisons pour lesquelles il s’agit d’une violation des droits humains. Ces interventions sont fréquemment réalisées sur des enfants trop jeunes pour participer véritablement à la prise de décisions concernant leur propre corps, et leurs parents, bien souvent, ne sont pas correctement informés des risques encourus.

Les États ont le devoir de lutter contre les stéréotypes préjudiciables en matière de genre et de diversité. Or, beaucoup choisissent de soumettre ces enfants à des opérations inutiles uniquement pour qu’ils « s’intègrent ».

Idée fausse n° 4 : Intersexe = transgenre

L’intersexuation n’a rien à voir avec la transidentité.

Nos caractéristiques sexuelles physiques n’ont rien à voir avec la façon dont nous considérons notre identité de genre, ni avec les personnes qui nous attirent.

Le mot « transgenre » - ou trans - est un terme générique qui désigne les personnes dont l’identité de genre est différente du sexe qui leur a été assigné à la naissance. Le mot « intersexe » se rapporte à des caractéristiques sexuelles physiques et non à un sentiment interne d’identité. Une personne intersexe peut aussi s’identifier comme trans, mais l’intersexuation et la transidentité sont des choses bien distinctes, car le sexe et le genre sont deux notions différentes.

Le mot « intersexe » se rapporte à des caractéristiques sexuelles physiques et non à un sentiment interne d’identité.

Une personne intersexe peut être hétérosexuelle, gay, lesbienne, bisexuelle ou asexuelle et s’identifier en tant que femme, homme, les deux ou aucun des deux.

Les personnes intersexes comme les personnes transgenres ont le droit de choisir leur identité de genre, et ne devraient jamais être contraintes à vivre avec un corps ou une identité avec lesquels elles ne se sentent pas à l’aise.

Idée fausse n° 5 : Personne ne se mobilise pour les personnes intersexes

Il existe encore beaucoup d’idées fausses au sujet de l’intersexuation, mais de nombreux militants intersexes remarquables, partout dans le monde, se mobilisent pour sensibiliser le public et protéger les droits humains.
Beaucoup disent vouloir veiller à ce que, à l’avenir, aucun enfant ne connaisse les souffrances qu’ils ont endurées.

Eves et Charlie, deux militants intersexes, ont souligné auprès d’Amnesty International la nécessité de l’ouverture d’esprit et de l’acceptation.
Eves : « La société doit devenir plus ouverte à toute la diversité que recouvre le fait d’être une personne. Et les enfants doivent pouvoir grandir comme ils sont. »

Charlie : «  Si le sujet n’est pas abordé, s’il est de fait sous une chape de silence, il est extrêmement difficile pour les personnes concernées de s’accepter et d’accepter leur corps. »

Récemment, d’importants progrès ont été accomplis grâce à la mobilisation sans relâche de militants et d’organisations intersexes.

En 2013, des militants intersexes représentant 30 organisations se sont réunis pour élaborer la Déclaration de Malte, qui met en lumière les revendications et les recommandations du mouvement intersexe international.

Et cette année, à l’occasion de la Journée de la visibilité intersexe, OII-Europe, en collaboration avec IGLYO et l’EPA, a publié un guide pour aider les parents à soutenir leur enfant intersexe.

Le chemin à parcourir est encore long, mais Amnesty International continuera à soutenir le combat des personnes intersexes, pour qu’elles puissent vivent sans honte, sans stigmatisation et sans souffrance.

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