Tout ce que Europalia-Turquie ne vous dit pas… Par Jenny Vanderlinden, coordinatrice Turquie à Amnesty Belgique

En ces temps difficiles, où la peur des autres prédomine et provoque un sentiment de rejet chez beaucoup, un festival culturel comme Europalia-Turquie joue un rôle non négligeable. L’art et la culture, si riches en Turquie, nous permettent de comprendre et d’aimer ce qui nous est à prime abord étranger. Il n’en reste pas moins que notre rôle est de vous informer et de promouvoir les droits humains et là malheureusement la Turquie est loin d’être bon élève.

Notre brochure « Tout ce que Europalia-Turquie ne vous dit pas » était à peine imprimée, que nous apprenions que de nouvelles arrestations avaient eu lieu en violation du droit à la liberté d’expression.

Ainsi le directeur de publication du quotidien Cumhuriyet, Can Dündar et son collègue Erdem Gül, ont été arrêtés et écroués le 26 novembre dernier pour « espionnage ». Ils viennent s’ajouter à la liste, beaucoup trop longue, des manifestations de la censure en Turquie et des atteintes à la liberté d’expression, sous forme de persécution des journalistes d’opposition.

Inculpés et emprisonnés pour « aide à une organisation terroriste, d’espionnage politique et militaire » les deux journalistes encourent la prison à vie et le procureur a déjà annoncé qu’il allait requérir vingt ans d’emprisonnement. Leur crime ? La publication le 25 mai dernier d’une vidéo et de documents censés prouver que les MIT – services secrets turcs - fournissent des armes aux combattants en Syrie.

Deux jours plus tard, le 28 novembre, nous apprenions l’assassinat de Tahir Elçi, Président du Barreau de Diyarbakir et défenseur des droits humains renommé. Tahir Elçi a accompli un travail admirable dans les années 1990 en défendant les personnes détenues, torturées et disparues au risque de sa propre vie. C’était un avocat éloquent qui oeuvrait pour la paix et les droits humains, il était notamment membre fondateur d’Amnesty International Turquie. Ses opinions dérangeaient les autorités. Il fut arrêté puis relâché parce qu’il avait déclaré dans un discours « le PKK n’est pas une organisation terroriste. C’est un mouvement politique armé qui reçoit pas mal de soutien » et fut la cible ensuite d’une campagne d’intimidation et de harcèlement, sous forme de menaces de mort par téléphone et sur les réseaux sociaux. Il fut abattu d’une seule balle dans la tête lors d’une conférence de presse à Diyarbakir. Nous savons que l’enquête sur la scène de crime présente des lacunes et craignons que le meurtrier ne soit jamais traduit en justice. Nous regretterons tous cet homme d’exception.

2015 fut une année sombre au niveau des droits humains en Turquie et 2016 n’est pas de bon augure. Alors, si nous vous encourageons vivement à en découvrir plus au niveau culturel sur ce beau pays qu’est la Turquie, nous vous demandons également de participer autant que possible à nos actions. Vos signatures, vos SMS et vos tweets feront la différence.

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