Tunisie : elle subit des pressions pour épouser son violeur

Une faille juridique dans le droit tunisien permet à un violeur de repartir libre s’il épouse sa victime mineure – si elle y consent. Mais comme nous le dit Amna, il est difficile de dire dans quelle mesure elle y consent librement.

À 17 ans, Amna a été violée après avoir quitté son foyer pour fuir les violences familiales.

« Je l’ai rencontré trois mois après que j’ai [quitté la maison]. Il a dit qu’il voulait m’épouser, et un jour il m’a téléphoné pour que je passe le voir chez lui pour qu’on discute de différentes choses.

J’y suis allée et il m’a prise de force. Je suis restée avec lui après qu’il m’a violée. J’étais terrorisée. Je n’avais pas le choix. Il a commencé à me battre lorsque j’étais enceinte de sept mois. Il me frappait sans raison.

À l’hôpital, une déléguée de la protection de l’enfance m’a rendu visite et deux policiers m’ont présenté deux options : soit le mariage, soit la réconciliation avec ma famille. Je n’ai pas eu le temps de réfléchir.

Je suis restée avec lui après qu’il m’a violée. J’étais terrorisée. Je n’avais pas le choix.

L’hôpital a informé ma famille parce que j’étais mineure. Le comité lui a dit : « Soit tu l’épouses, soit tu vas en prison. C’est la seule solution. » Alors il m’a épousée et a reconnu notre fils.

Personne dans ma famille n’était présent pour la naissance. Ma mère était présente pour le contrat [de mariage] afin que je puisse me marier.

J’ai choisi le mariage parce que je ne pouvais pas rentrer dans ma famille avec un enfant, sans être mariée.

À 17 ans, Amna a été violée après avoir quitté son foyer pour fuir les violences familiales. Dites à la Tunisie de cesser de punir les victimes – envoyez un mail aujourd’hui.

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