Il est urgent d’agir contre le viol

20 % des femmes victimes de viol, 48 % des personnes exposées à la violence sexuelle pour la première fois avant l’âge de 19 ans. Ce ne sont là que quelques-uns des enseignements de notre nouveau sondage sur le viol et les violences sexuelles en Belgique. Tour d’horizon des résultats qui révèlent l’ampleur de ce fléau… et des actions à mener pour y mettre fin.

« Quand c’est non, c’est non » : vous vous souvenez sans doute de cette phrase qui, en 2014, a marqué la campagne consécutive au lancement d’un sondage sur le viol et les violences sexuelles qui a fait date en Belgique.

En réaction, Amnesty International et SOS Viol s’étaient fixé comme objectif de faire sortir de l’ombre la question du viol et son ampleur, d’améliorer l’accueil des victimes dans différents secteurs, et de diffuser des outils permettant aux victimes de viol de mieux connaître les différents recours possibles.

Des avancées concrètes

On peut s’en réjouir, la campagne « Quand c’est non, c’est non » a permis différentes avancées concrètes. Outre la visibilisation de la problématique, une nouvelle ligne téléphonique gratuite destinée aux victimes de violences sexuelles a été créée en 2016, la plupart de nos recommandations ont été intégrées dans le Plan d’action national de lutte contres toutes les violences basées sur le genre et trois centres de prise en charge des violences sexuelles (CPVS) ont été ouverts dans lesquelles les conditions d’accueil des victimes répondaient à toutes les demandes que nous avions formulées.

Autre progrès substantiel : la Belgique a ratifié en 2016 la Convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes, ce qui oblige nos autorités à mettre en place toute une série de mesures, notamment contre le viol et les violences sexuelles. Par ailleurs, en 2017, les mouvements « #MeToo » et « Balance ton porc » ont permis une forte médiatisation de ces violences et une prise de conscience de leur ampleur au sein de notre société.

Tous ces éléments auraient pu nous laisser penser que la situation s’était améliorée, mais les témoignages que nous continuions à recevoir nous laissaient supposer le contraire. Et nous avions raison.

Des résultats qui doivent pousser à l’action

Les résultats du sondage mené en octobre 2019 par l’institut Dedicated auprès de 2300 personnes, âgé·e·s de 15 à 85 ans, révèlent en effet que les femmes sont toujours plus nombreuses à être victimes de viol et que les jeunes sont touché·e·s dans une proportion plus qu’inquiétante.

Notre objectif en menant ce sondage était de disposer de données sur la prévalence des violences sexuelles en Belgique, non existantes par ailleurs. En 2014, 13 % des femmes interrogées affirmaient avoir été victimes de viol ; en 2O19, la proportion est passée à 20 %. Les chiffres concernant un viol conjugal n’ont pas baissé non plus ; ce sont toujours près d’une femme sur quatre qui en ont été victimes et 48 % des victimes de violences sexuelles y ont été exposées pour la première fois avant l’âge de 19 ans.

Il est urgent que soient prises toute une série de mesures et que des moyens suffisants soient consacrés à la sensibilisation des jeunes, à la lutte contre l’impunité des auteurs de viol et à une meilleure prise en charge des victimes.

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