Mon corps, mes droits. Introduction

Amnesty prépare le lancement, en mars 2014, de sa Campagne "Mon corps,
mes droits" sur les droits sexuels et reproductifs.

Lancement de la Campagne Mon corps, mes droits en mars 2014

Lorsqu’il est question de notre corps et de nos relations amoureuses, c’est généralement dans notre tête qu’ont lieu nos discussions les plus libres. Nous gardons souvent ces pensées secrètes. Pourquoi ?

C’est la question que pose Amnesty International à l’approche du lancement de sa nouvelle campagne mondiale sur les droits sexuels et reproductifs, le 6 mars. Si cette question vaut la peine d’être posée, c’est parce que la réponse pourrait en surprendre plus d’un parmi nous.

Réfléchissez. Pourquoi taisons-nous ce type de pensées ? Peut-être parce que la société dans laquelle nous vivons détermine ce que nous jugeons pouvoir dire ouvertement.

Ces normes sociales sont définies par notre gouvernement, notre entourage, ou notre famille. Lorsque nous les contestons, nous nous sentons coupables et même gênés. Nous craignons d’être mis à l’écart, voire jetés en prison. C’est pourquoi nous nous taisons.

QU’ENTEND-ON PAR DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS ? Vous avez le droit de…
 Prendre vous-même les décisions qui concernent votre santé
 Demander des informations sur les services de santé et en obtenir
 Décider si vous voulez des enfants et à quel moment
 Choisir de vous marier ou non
 Accéder aux services de santé sexuelle et reproductive
 Ne pas subir de violences sexuelles

À travers la Campagne Mon corps, mes droits, Amnesty veut rompre ce silence. Parce que beaucoup de gens ne savent même pas qu’ils ont des droits à l’heure actuelle, et encore moins comment les faire valoir.

Des choix qui relèvent de notre droit – décider ou non d’avoir des enfants et à quel moment, par exemple – sont désormais contrôlés par les gouvernements. Dans certains pays, les autorités permettent à d’autres personnes (médecins, responsables religieux, parents) de choisir à notre place. Et les gouvernements manquent parfois à l’obligation de fournir les informations et les services auxquels leurs citoyens ont droit.

Au Burkina Faso, des femmes peuvent se voir refuser des moyens de contraception dans les dispensaires si leur époux n’est pas avec elles. Entre 1980 et 2012, plus de 150 000 Irlandaises sont allées avorter au Royaume-Uni parce que l’avortement est illégal en Irlande, sauf si la femme concernée est en danger de mort. Et, dans de nombreux pays, aimer quelqu’un du même sexe – ou simplement porter des vêtements qui ne respectent pas la norme sociale – peut suffire à vous envoyer en prison.

La persistance de ces restrictions montre qu’il y a beaucoup à faire. Une offensive se prépare contre les droits sexuels et reproductifs – orchestrée par des groupes de pression qui ont des moyens et sont organisés. Au plus haut niveau, certains gouvernements tentent de faire régresser ces droits, mettant en doute les notions de « droits reproductifs » et d’« égalité des genres » ou qualifiant d’occidental le principe des « droits humains pour tous ». Nous assistons clairement à une remise en cause de nos droits à exprimer notre sexualité et à prendre les décisions qui concernent notre propre corps.

Dans les deux années à venir, la Campagne Mon corps, mes droits d’Amnesty tentera d’enrayer cette tendance, notamment au Salvador, au Burkina Faso, en Irlande et au Maghreb (Algérie, Maroc et Sahara occidental, Tunisie). Elle s’efforcera d’établir le contact avec des personnes du monde entier, les encourageant à briser le silence qui plane sur ces questions, première étape vers la réalisation de leurs droits.

Au niveau belge, la section belge francophone d’Amnesty concentrera ses efforts sur les problématiques suivantes : l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle à l’école (EVRAS), les violences conjugales, les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre, ainsi que les violences sexuelles.

Un accent particulier sera mis, lors du lancement de la campagne, sur la question du viol en Belgique. Cet engagement est essentiel, car plus de 8 plaintes pour viol sont déposées chaque jour dans le pays. La section s’est associée à SOS Viol pour commander un sondage sur cette thématique : les résultats pourraient révéler un nombre bien plus élevé de victimes encore. Ce sera aussi l’occasion, pour les militants, de sensibiliser le grand public à l’aide de dazibaos (journal/affiche) et de dépliants sur la question, mais aussi de demander aux autorités belges de redoubler d’efforts en la matière, à l’aide d’une pétition.

Si nous brisons le silence, les gouvernements devront prendre des mesures pour protéger le droit des personnes à décider de ce qui concerne leur corps et leur vie. D’ici là, nous dénoncerons les pays qui violent ces droits et réclamerons le changement. Parce que les droits sexuels et reproductifs sont des droits humains. Ils nous appartiennent à tous.

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LA CAMPAGNE : WWW.MONCORPSMESDROITS.BE


DES OUTILS POUR COMPRENDRE ET AGIR

Amnesty e ?ditera un dazibao spe ?cial sur la proble ?matique du viol en Belgique avec comme slogan : « Quand c’est non, c’est non ». En partenariat avec l’asbl SOS Viol, Amnesty e ?ditera e ?galement une brochure : « En cas de viol : que faire ? », a ? l’attention des victimes et de leurs proches.

Engagez-vous contre le viol en commandant des dazibaos et des brochures a ? afficher et a ? distribuer (me ?decins, pharmaciens, gyne ?cologues...).

 [fond noir][blanc]envoyez un mail[/blanc][/fond noir] a ? dazibaos@amnesty.be pour le dazibao et a ? zspriet@amnesty.be pour la brochure.

Vous pouvez e ?galement commander le de ?pliant informatif sur les droits sexuels et reproductifs « C’est votre corps, connaissez vos droits ».

 [fond noir][blanc]envoyez un mail[/blanc][/fond noir] a ? zspriet@amnesty.be.

Passez a ? l’action de ?s aujourd’hui : signez notre pe ?tition en ligne pour le respect des droits sexuels et reproductifs dans le monde, maintenant et pour les ge ?ne ?rations futures.

 [fond noir][blanc]rendez-vous ici[/blanc][/fond noir] : www.isavelives.be/cipd20


Des militants d’Amnesty nous expliquent ce que veut dire pour eux Mon corps, mes droits

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Lam Po Yee, Hong Kong. @ DR

« Cela me rappelle que nous, les jeunes, devons nous battre pour nos droits. À Hong Kong, les gens ne savent pas ce que c’est, les droits sexuels et reproductifs. Certains pensent que l’éducation sexuelle nous incitera à “mal nous conduire”. Quand nous voulons en savoir plus sur la sexualité, on nous traite de “dévergondées”… Mais pourquoi ?! »


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Amir Joshi, Katmandou, Népal. @ DR

« Cela veut dire que je dispose de tous les droits sur mon corps. J’ai appris que des hommes décidaient à la place des femmes de ce qu’elles devaient faire de leur corps. Je veux donc faire campagne sur les droits sexuels et reproductifs afin de sensibiliser davantage les jeunes filles et les femmes dans les villages. »



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Salima Bakkass, Maroc. @ DR

« Cela veut dire que je n’ai besoin de la permission de personne pour faire des choix relatifs à mon corps et à ma vie. »





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Antonio Cámara López, Madrid, Espagne. @ DR

« Mon corps, mes droits, cela veut dire que personne n’a le droit de m’insulter, de m’infliger des discriminations ou de me considérer comme suspect du fait de mes choix vestimentaires ou de mon apparence physique. »




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Klára, Prague, République tchèque. @ DR

« Cela veut dire que je peux prendre mes propres décisions en matière de santé, de relations, de sexualité, de grossesse, de mariage, de famille et ainsi de suite, en toute liberté, en toute connaissance de cause et sans contrainte ni violence. »

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