Abolir la peine capitale au Ghana

Alors que le Ghana révise sa constitution, Amnesty International Ghana invite les lecteurs du fil à soutenir sa campagne contre la peine de mort.

Douze hommes condamnés à mort avaient le regard fixé sur le canon d’un fusil. Chacun d’eux avait été déclaré coupable de vol à main armée ou de meurtre, des crimes graves qui appellent un châtiment sévère. Pourtant, au moment où le peloton d’exécution a tiré et où les 12 corps se sont effondrés, un crime encore plus grave venait d’être commis.

Depuis ces 12 exécutions, ordonnées par le gouvernement ghanéen en juillet 1993, 17 ans se sont écoulés. Depuis, d’autres sentences de mort ont été prononcées mais, par le biais de grâces présidentielles, elles ont été soit commuées en peines de réclusion à vie, soit annulées. Selon les services pénitentiaires du Ghana, 99 prisonniers, dont deux femmes, attendent actuellement leur exécution.

Toute personne a droit à la vie. La peine de mort viole ce droit et représente une négation absolue des droits humains. Il s’agit d’un meurtre commis par l’État, avec préméditation et de sang-froid. Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances et sans exception, quelles que soient la nature du crime commis, les caractéristiques de son auteur ou la méthode d’exécution utilisée.

Depuis de nombreuses années, AI Ghana fait campagne pour l’abolition de ce châtiment odieux et c’est une occasion unique qui se présente aujourd’hui. Dans le cadre de la révision de la Constitution de 1992, actuellement en cours, le gouvernement a invité des groupes de la société civile et des Ghanéens à lui faire part de leurs suggestions. L’article 13 de la Constitution ghanéenne garantit le droit à la vie. Ce même article autorise toutefois l’État à exécuter ses citoyens « en application d’une peine prononcée par un tribunal pour une infraction pénale dont ils ont été reconnus coupables aux termes des lois du Ghana ». Amnesty International engage instamment le président John Evans Atta Mills et le parlement ghanéen à abolir la peine de mort au plus tôt.

Le moment est venu

La peine de mort a force de loi au Ghana depuis l’adoption de la common law britannique en 1874, mais depuis 1993 le pays respecte un moratoire de facto. Elle est cependant toujours retenue pour le vol à main armée, la trahison et le meurtre avec circonstances aggravantes. Même si la peine de mort n’est pas appliquée, sa menace pèse toujours sur les citoyens ghanéens. « La peine de mort fait toujours partie de notre législation parce qu’elle permet au gouvernement de paraître impitoyable avec les criminels », dit Vincent Adzahlie-Mensah, président d’AI Ghana.

La politique non abolitionniste du Ghana est décalée par rapport au reste du monde. Au total 139 pays, soit plus des deux tiers des pays du globe, ont aboli la peine de mort dans leur législation ou en pratique. En 2007 et en 2008, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté des résolutions demandant un moratoire sur les exécutions en vue de l’abolition de la peine capitale. La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a appelé à plusieurs reprises les États membres de l’Union africaine à abolir la peine de mort. Le Burundi et le Togo l’ont récemment abolie, ce qui témoigne du changement de mentalité qui est en train de s’opérer en Afrique de l’Ouest.
Le Ghana a été un précurseur de la défense des droits humains en Afrique. Sa politique concernant la peine de mort est une cruelle exception à cette tendance. Amnesty International invite le président Mills à abolir officiellement la peine de mort au Ghana.

Pour plus d’informations, veuillez consulter le site www.amnestyghana.org

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