Justice internationale : Pas d’impunité pour Hissène Habré

Hissène Habré est un ancien président tchadien qui a trouvé refuge au Sénégal après avoir été chassé du pouvoir en 1990. Il est accusé d’être responsable de violations graves et massives des droits humains commises sous son administration, notamment de tortures, détentions arbitraires et exécutions extrajudiciaires. Ses victimes attendent toujours qu’il soit jugé.

À la suite de l’affaire du mandat d’arrêt lancé par le juge Garzon en 1998, contre Pinochet, diverses associations de défense des droits humains ont déposé une plainte en 2000 au Sénégal à l’encontre de l’ancien président tchadien. La procédure judiciaire se met très vite en route et un juge d’instruction sénégalais inculpe l’ancien dictateur pour complicité d’actes de torture ; il assigne celui-ci à résidence. Mais, quelques mois plus tard, la Cour de cassation affirmera que les juridictions sénégalaises ne sont pas compétentes : le pays n’avait pas ratifié à l’époque la Convention contre la torture (ce qui est le cas aujourd’hui). En 2001, soutenues par Human Rights Watch, des victimes tchadiennes dé- posent plainte en Belgique où de tels actes peuvent être poursuivis.

La justice belge du côté des victimes.

Un juge d’instruction belge va donc instruire le dossier pendant près de quatre ans. Ce qui est extraordinaire, c’est que pour la première fois, des victimes seront auditionnées. Enfin, elles peuvent croire à la Justice et penser qu’un procès est à portée de leurs mains. Mais, depuis plus de dix ans, les victimes de Hissène Habré attendent que les autorités sénégalaises jugent l’ex-président tchadien. Malgré les injonctions répétées du Comité contre la torture, malgré une décision de l’Union africaine enjoignant le Sénégal à juger Hissène Habré (puisque aujourd’hui c’est légalement possible), et en dépit d’engagements formels de la part du président Abdoulaye Wade de traduire en justice, en terre africaine, un ancien chef d’État africain accusé d’avoir ordonné des violations graves et massives des droits humains, le procès n’a toujours pas commencé.

En février 2009, la Belgique a saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) pour enjoindre le
Sénégal à juger ou à extrader Hissène Habré et elle a aussi demandé que la CIJ ordonne des mesures conservatoires pour qu’il ne puisse pas quitter le Sénégal.

Les autorités sénégalaises ont argué des problèmes financiers pour justifier le report sine die de l’ouverture de toute procédure judiciaire. Début juillet 2010, suite à une mission conjointe de l’Union africaine et l’Union européenne, il a été officiellement annoncé qu’une table ronde avec les bailleurs internationaux aurait finalement lieu en octobre 2010 afin de finaliser les modalités du financement du procès de Hissène Habré.

Chaque mois qui passe, des victimes ou leurs proches décèdent sans avoir pu voir Hissène Habré jugé pour les crimes commis pendant sa présidence.

Le 21 juillet 2010, les Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu et Shirin Ebadi, ainsi que 117 organisations africaines de défense des droits humains, ont appelé le Sénégal et l’Union africaine à « progresser rapidement dans l’organisation du procès » de l’ex-dictateur tchadien.

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