Des femmes qui nous veulent du bien... À qui l’on veut du mal

Quel est le point commun entre Iman en Arabie saoudite, Elżbieta en Pologne, Judith en République démocratique du Congo, Nasrin en Iran et Berta au Honduras ? Toutes ont un jour décidé de braver les menaces et les interdits pour faire entendre une voix souvent réprimée : celle des femmes dont la parole est confisquée. Au risque de voir leur vie basculer.

Iman al Nafjan, Elżbieta Podlena, Judith Maroyi, Nasrin Sotoudeh et Berta Cáceres sont ce qu’on appelle des femmes défenseures des droits humains. Chacune à leur manière, comme Iman avec son blog Saudiwomen, Nasrin au travers de son travail d’avocate, Elżbieta par l’organisation de marches et de manifestations et Judith et Berta au sein d’associations, elles essayent de faire avancer les droits de leurs concitoyen·ne·s. Les droits des femmes, bien sûr, mais pas seulement. Ainsi, Judith s’est battue pour des élections libres et transparentes en République démocratique du Congo, et Berta a dédié sa vie à la défense de l’environnement et des droits des peuples autochtones honduriens.

Deux fois plus de risques

Comme leurs homologues masculins, les femmes défenseures risquent harcèlement, poursuites judiciaires, arrestations et violences, pour les dissuader ou les punir de leur travail en faveur des droits humains. Mais pour elles, les risques sont doubles : elles sont également ciblées simplement parce qu’elles sont des femmes et qu’elles se battent contre des systèmes de domination masculine, qui entraînent discriminations et violences à l’égard des filles et des femmes. Les combats qu’elles mènent, dans des sociétés à dominante patriarcale, les exposent à encore plus de violence, et notamment à la violence sexuelle.

Les exemples d’Iman et Nasrin sont à ce titre parlants. Libérée provisoirement depuis mars, Iman et 10 autres activistes saoudiennes ont passé 10 mois en prison et sont toujours sous le coup d’une accusation pour avoir pris contact avec des organisations internationales, des médias étrangers et d’autres militants, ainsi que pour avoir promu les droits des femmes et réclamé la fin du système de tutelle masculine. Certaines des détenues ont témoigné d’abus sexuels et d’actes de torture en détention. En mars 2019, Nasrin a été condamnée à 33 ans de prison et 148 coups de fouet en Iran, pour avoir défendu les droits des femmes et protesté contre la législation qui impose le port du hijab.

Les défenseures doivent être protégées

La plupart des femmes défenseures ont un parcours semé d’embûches, et pour certaines, la mort guette au tournant. Berta Cáceres a ainsi été brutalement assassinée en 2016, à son domicile. Elle n’avait fait l’objet d’aucune mesure de protection efficace, malgré les menaces qu’elle et les membres de son organisation recevaient constamment, en raison de leur combat contre la construction d’un barrage hydroélectrique sur les terres ancestrales de communautés indigènes au Honduras.

Amnesty International se bat sans relâche pour que les défenseures des droits humains fassent l’objet d’une reconnaissance et d’une protection particulière, prenant en compte les spécificités liées au fait qu’elles sont des femmes. Et ce, afin qu’elles puissent mener leur travail crucial sans crainte des représailles.

Agissez à nos côtés et signez nos pétitions

Signez la pétition pour nasrin sotoudeh : www.amnesty.be/freenasrin

Signez la pétition pour défenseures saoudiennes : www.amnesty.be/freesaudiactivists

Pour les 14 femmes polonaises s’opposant au fascisme : www.amnesty.be/pologneantifascisme

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