Écrire pour les droits humains : simple et efficace

Si le Marathon des lettres a une dimension symbolique,il constitue surtout un moyen d’agir concrètement et de manière efficace pour des personnes qui ont besoin que leur cas soit défendu par des centaines de milliers de voix à travers le monde. En témoignent de nombreux succès, comme la libération de Germain Rukuki.

Condamné à 32 ans de prison uniquement en raison de son travail en faveur des droits humains, Germain Rukuki aura finalement passé quatre années de sa vie derrière les barreaux, loin de sa famille.

« Ce soutien énorme m’a permis de tenir debout »

Écrire des lettres et des cartes de soutien, signer des pétitions sont tout sauf des actes vains. Et l’année qui est doucement en train de s’achever nous l’a abondamment prouvé. En effet, parmi les victoires obtenues dans le cadre du Marathon des lettres 2020, citons l’engagement de la police sud-africaine à enquêter plus avant sur le meurtre de Popi Qwabe et Bongeka Phungula, ainsi que les libérations du journaliste algérien Khaled Drareni, de la défenseure des droits des femmes saoudienne Nassima al Sada et du défenseur des droits humains burundais Germain Rukuki. Nous avons d’ailleurs eu la chance de rencontrer Germain à la fi n du mois d’octobre, à Bruxelles. À l’approche du Marathon des lettres, nous lui avons posé quelques questions sur ce que représentait pour lui cette mobilisation mondiale.

Qu’est-ce que cela a représenté pour vous d’être l’un des cas du Marathon des lettres 2020 ?

D’abord, je me suis senti très soutenu. Apprendre que des citoyen·ne·s à travers le monde rédigeaient des messages de soutien pour moi, ça m’a fortifié et montré qu’un jour je retrouverais ma liberté. Cette nouvelle m’a permis de rester solide, lucide. En plus de savoir que j’étais parfaitement innocent, j’ai bénéficié de ce soutien énorme qui m’a donné la force de me maintenir debout.

Selon vous, dans quelle mesure cette mobilisation internationale a permis votre libération ?

C’est l’un des éléments importants qui ont contribué à ma libération. Les autorités qui savent qu’elles maintiennent en détention une personne qui agit pour le peuple, pour des procès justes et équitables, doivent subir une sorte d’humiliation. Les autorités burundaises sont apparues comme injustes aux yeux du monde, et ridicules. Cela a poussé l’autorité judiciaire de mon pays à lire et à dire le droit sur mon dossier.

Quels messages voudriez-vous faire passer auprès des personnes qui ont agi pour vous ?

C’est un mot de remerciement. Grâce à leurs actions, à leurs lettres, à leurs messages, je suis enfin libre. Et je leur demande maintenant de le faire pour les autres. Il y a d’autres victimes qui ont besoin d’être soutenues.

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