MALAWI

République du Malawi
CAPITALE : Lilongwé
SUPERFICIE : 118 484 km²
POPULATION : 12,9 millions
CHEF DE L’ÉTAT et du GOUVERNEMENT : Bingu wa Mutharika
PEINE DE MORT : maintenue
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : signé

La crise alimentaire s’est aggravée en 2005. Les conditions carcérales restaient préoccupantes. La liberté d’expression a été menacée à diverses reprises pendant l’année. Les autorités ont ouvert des enquêtes sur la prostitution enfantine.

Contexte

À la suite d’une scission du parti au pouvoir, le United Democratic Front (UDF, Front démocratique uni), le président a quitté cette formation et a créé le Democratic Progressive Party (DPP, Parti démocratique progressiste). Des partis d’opposition ont été entraînés dans cette querelle, qui a détourné le gouvernement et les parlementaires de priorités nationales comme la crise alimentaire. Les tensions ont atteint leur maximum en octobre, avec le lancement d’une procédure de destitution du président, abandonnée par la suite. Le climat d’insécurité politique paraissait contribuer au développement d’une inquiétante tendance à la répression des détracteurs du gouvernement.

Maintien de l’ordre

Des cas de torture et d’autres formes de mauvais traitements de suspects en garde à vue ont été signalés.
Le 6 juin, Mabvuto Bakali, un garçon de douze ans soupçonné de vol, est mort en garde à vue après avoir été roué de coups au poste de police de Ngabu. Pour disperser des villageois qui protestaient, des policiers ont tiré à balles réelles et tué ainsi Anock Sande, seize ans. L’enquête de police concernant ces morts était toujours en cours fin 2005.
La police a arrêté des personnes qui critiquaient des membres de l’entourage direct du président.
En octobre, des députés ayant joué un rôle actif dans la procédure de destitution du président ont été accusés de falsification de documents et arrêtés. Évoquant ces arrestations, le président a déclaré qu’il s’agissait d’« un prêté pour un rendu ».

Prisons

Les conditions carcérales restaient très préoccupantes. Selon les statistiques officielles, quelque 14 prisonniers mouraient chaque mois - la population carcérale moyenne du Malawi représentant 9 700 personnes. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) estime qu’en Afrique subsaharienne, si le nombre de morts dépasse 15 prisonniers par mois sur une population carcérale de 10 000 personnes, la situation nécessite des mesures d’urgence. Un grand nombre de détenus sont morts du sida, mais beaucoup de décès ont été causés par des maladies curables et auraient donc pu être évités. Les prisonniers atteints du sida ou d’autres maladies ont vu leur état aggravé par la surpopulation, par un régime alimentaire insuffisant ou par le manque d’hygiène dans les prisons. Cette année encore, les ressources allouées à l’administration pénitentiaire étaient fortement limitées.

Liberté d’expression

En mars, deux journalistes ont été arrêtés à Blantyre pour avoir rapporté dans le quotidien The Nation et sur la BBC World Service que le président avait peur des fantômes. Ils ont été transférés dans la capitale et détenus pendant deux nuits avant d’être libérés sans inculpation par l’inspecteur général de police.

Droits des femmes

La prostitution enfantine demeurait un phénomène courant. Des jeunes filles, dont beaucoup n’avaient pas atteint l’âge légal du consentement à l’acte sexuel - treize ans -, ont été « achetées » à leurs parents pour des sommes dérisoires, de l’ordre de 2,50 euros, les « acheteurs » s’étant engagés à les faire travailler comme serveuses alors qu’en réalité elles étaient placées dans des maisons de prostitution. Le ministère de la Condition féminine, du Bien-Être des enfants et des Services communautaires a ouvert des enquêtes.

Pénurie alimentaire

Après une récolte extrêmement mauvaise, le Malawi a été frappé par une grave pénurie alimentaire. Malgré les mises en garde répétées du Programme alimentaire mondial (PAM) concernant l’imminence d’une crise alimentaire, à la fin de l’année les promesses d’aide alimentaire étaient encore loin de correspondre aux besoins du Malawi. Des groupes issus de la société civile et des organisations religieuses craignaient que les querelles politiques opposant l’UDF au DPP du president Bingu wa Mutharika ne détournent l’attention et les ressources nationales de la crise alimentaire.

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