PARAGUAY



République du Paraguay
CAPITALE : Asunción
SUPERFICIE : 406 752 km²
POPULATION : 6,2 millions
CHEF DE L’ÉTAT et du GOUVERNEMENT : Nicanor Duarte Frutos
PEINE DE MORT : abolie
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifié

Des paysans ont été violemment expulses et des défenseurs des droits humains ont reçu des menaces dans le contexte de conflits liés à la terre. Des appels ont été lancés pour que davantage d’efforts soient faits en matière de protection de l’enfance. Les prisons restaient surpeuplées et en proie à la violence.

Contexte

De nouvelles voix demandant le rétablissement de la peine de mort se sont fait entendre après la découverte, en février, du corps de la fille d’un ancien président de la République, Cecilia Cubas. Elle avait été enlevée en septembre 2004.
Selon les informations recueillies, plus de 40 p. cent de la population rurale vivaient dans la pauvreté. De nombreux mouvements de protestation ont eu lieu en raison de la réforme agraire et d’autres problèmes socioéconomiques.

Conflits liés à la terre

Des conflits relatifs aux droits d’occupation des terres ont débouché sur un recours excessif à la force par les autorités. Des défenseurs des droits humains ont été harcelés et menacés en raison de leur action en faveur des droits des paysans.
Le 24 juin, deux personnes ont été tuées par balle et au moins cinq ont été blessées lors d’une violente opération d’expulsion à Tekojoja (Vaquería, département de Caaguazú). Des civils en armes auraient abattu des passants non armés tandis que la police détruisait les cultures et mettait le feu aux maisons. Des dizaines de familles d’agriculteurs, y compris des enfants, ont été rouées de coups et interpellées. Les personnes détenues ont été remises en liberté par la suite. Une information judiciaire a été ouverte.
Au mois d’août, deux religieuses catholiques, Juana Antonia Barua et Clara Nimia Insaurralde, ainsi qu’un dirigeant associatif, José Bordón, ont reçu des menaces de mort. Ces actes d’intimidation étaient liés, semble-t-il, aux activités qu’ils menaient à Naranjito, dans le département de San Pedro, pour la défense de l’environnement et des droits des paysans.
Au mois de juin, la Cour interaméricaine des droits de l’homme s’est prononcée en faveur de la communauté indigène Yakye Axa, qui avait été expulsée de ses terres ancestrales. La Cour a exigé de l’État paraguayen qu’il délimite le territoire ancestral des Yakyes Axas et qu’il le leur restitue dans un délai de trois ans.

Violences contre les enfants

Le rapporteur spécial des Nations unies sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, qui s’était rendu au Paraguay en 2004, a demandé une intensification des efforts en matière de protection de l’enfance. Il a notamment recommandé un durcissement des lois, l’instauration de mesures pour lutter contre la corruption de la police, une coopération transfrontalière, la séparation des jeunes et des adultes dans les prisons, la mise en œuvre de programmes visant à réduire la pauvreté et l’exclusion sociale et l’éradication de la pratique consistant à employer des enfants à des travaux domestiques en contrepartie de la nourriture, du logement ou d’une éducation élémentaire. Dans la région proche des frontières avec le Brésil et l’Argentine, le gouvernement a mis en place un nouveau bureau chargé de lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants, en particulier le trafic de mineurs.
Le cas d’une jeune domestique qui aurait été victime, depuis l’âge de douze ans, de violences et de sévices sexuels infligés par son employeur était l’un des rares à avoir été portés devant les tribunaux. Cependant, bien que la plainte ait été déposée en 2002, aucun juge n’avait encore été désigné pour examiner cette affaire à la fin de l’année 2005.

Conditions carcérales et mauvais traitements

Le problème de la surpopulation était, semble-t-il, particulièrement aigu dans les prisons, où les conditions d’hygiène, les services médicaux, les activités éducatives et les programmes de réinsertion étaient loin de répondre aux besoins. Des détenus, même mineurs, auraient subi des mauvais traitements.
En mai, 30 mineurs détenus dans l’établissement pénitentiaire régional de Ciudad del Este ont entamé une grève de la faim pour protester contre l’agression qui aurait été commise par un gardien sur un détenu de dix-sept ans. Après que la police eut rétabli l’ordre, un médecin légiste a indiqué que deux jeunes avaient été blessés.

Comité des droits de l’homme

Au mois d’octobre, le Comité des droits de l’homme [ONU] a formulé plusieurs recommandations. Il a notamment demandé aux autorités de prendre les mesures qui s’imposaient pour combattre la violence domestique et de veiller à ce que les responsables de ce type de violences soient déférés à la justice et dûment sanctionnés. Il a aussi rappelé à l’État paraguayen son devoir de mettre fin à l’enrôlement d’enfants dans l’armée, d’enquêter sur toutes les affaires de mauvais traitements et de décès de conscrits, et d’indemniser les victimes.

Autres documents d’Amnesty International

 Paraguay. Les droits humains ne doivent pas être bafoués sous prétexte de sécurité (AMR 45/001/2005).

 Letter to the Minister of the Interior : Amnesty International’s concerns on human rights violations during evictions in Paraguay (AMR 45/004/2005).

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