POLOGNE



République de Pologne
CAPITALE : Varsovie
SUPERFICIE : 312 683 km²
POPULATION : 38,5 millions
CHEF DE L’ÉTAT : Alexandre Kwa ?niewski, remplacé par Lech Kaczy ?ski le 23 décembre
CHEF DU GOUVERNEMENT : Marek Belka, remplacé par Kazimierz Marcinkiewicz le 10 novembre
PEINE DE MORT : abolie
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifié

Le racisme et l’intolérance à l’égard des minorités étaient observés aussi bien dans la sphère publique que privée. Aucune action n’a été intentée contre les personnalités dont les déclarations incitaient manifestement à l’intolérance. Selon certaines informations, la police a fait usage d’une force excessive contre des personnes qui manifestaient de manière pacifique.

Contexte
L’année 2005 a été marquée par des changements politiques majeurs. Les élections législatives (septembre) et présidentielle (octobre) ont porté au pouvoir le parti Prawo i Sprawiedliwo ?? (PiS, Droit et justice). Avant les scrutins, cette formation avait critiqué les défenseurs des droits des homosexuels et s’était déclarée favorable à la peine de mort. Après l’accession de Lech Kaczy ?ski à la tête de l’État, la Commission européenne a officiellement averti la Pologne qu’elle risquait de perdre ses droits de vote au sein de l’Union si son président continuait de s’opposer aux droits des homosexuels et tentait de rétablir la peine capitale.
L’une des premières décisions du nouveau gouvernement a été de supprimer le Bureau du plénipotentiaire pour l’égalité des sexes, faisant ainsi de la Pologne le seul pays de l’Union européenne à ne pas être doté d’un organisme de surveillance officiel en matière d’égalité.

Discriminations liées à l’identité des personnes
Les membres des minorités sexuelles continuaient à subir des discriminations et voyaient leur liberté d’expression et de réunion restreinte. En juin, Lech Kaczy ?ski, alors maire de Varsovie, a interdit comme l’année d’avant la Parade pour l’égalité, déclarant qu’une telle manifestation serait « obscène » et offenserait les sentiments religieux du reste de la population. Un défilé improvisé a cependant eu lieu le 10 juin, rassemblant plus de 2 500 participants. Moins d’une semaine après, le maire autorisait la Parade de la « normalité », permettant à un groupe extrémiste homophobe appelé Mlodzie ? Wszechpolska (Jeunesse de la grande Pologne) de manifester dans les rues de la capitale.
Invoquant des raisons de sécurité, le maire de Pozna ? a interdit un défilé homosexuel en novembre. Selon les organisateurs, toutefois, la municipalité avait indiqué quelque temps auparavant qu’il n’y avait aucune raison d’interdire la manifestation. Ils ont accusé le maire d’avoir cédé aux exigences de deux partis conservateurs, à savoir Droit et justice et la Liga Polskich Rodzin (LPR, Ligue des familles polonaises).
Les participants à la parade non autorisée qui a eu lieu le 19 novembre ont été agressés physiquement et verbalement par des membres du groupe Jeunesse de la grande Pologne. En réaction, des manifestations pour la tolérance et l’égalité ont été organisées dans tout le pays le 27 novembre. En décembre, un tribunal administratif de Pozna ? a annulé la décision d’interdiction de la parade qui avait été prise par la municipalité.
Aucune poursuite n’a été engagée après les déclarations publiques incitant à l’intolérance vis-à-vis des minorités sexuelles, notamment après les propos d’un membre de la Ligue des familles polonaises, alors député européen, qui avait annoncé : « Après les élections, nous délégaliserons toutes les organisations d’homosexuels et nous nous attaquerons aux pédophiles qui, statistiquement, sont plus nombreux dans leurs rangs. »

Racisme
Dans son troisième rapport sur la Pologne, rendu public en juin, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) s’est dite préoccupée par le fait que les autorités ouvraient rarement des enquêtes et des poursuites pour haine raciale et permettaient que des documents antisémites soient en vente libre. L’ECRI soulignait que, dans le cadre des enquêtes concernant des violences contre des membres de groupes minoritaires (comme les immigrés et les Roms), la police retenait rarement la motivation raciste, ce qui se traduisait par une plus grande clémence à l’endroit des auteurs, si toutefois ils étaient condamnés. De surcroît, il n’existait toujours aucun arsenal législatif destiné à lutter contre la discrimination raciale dans tous les domaines de la vie.

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