Portugal

République portugaise
CAPITALE : Lisbonne
SUPERFICIE : 88 940 km²
POPULATION : 10,5 millions
CHEF DE L’ÉTAT : Jorge Fernando Branco de Sampaio
CHEF DU GOUVERNEMENT : Pedro Santana Lopes, remplacé par José Sócrates Carvalho Pinto de Sousa le 12 mars
PEINE DE MORT : abolie
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifié

Cette année encore, des cas de mauvais traitements imputables à des policiers ont suscité des inquiétudes concernant le non-respect par le Portugal du droit international et des normes universellement reconnues. D’après les informations recueillies, la formation des responsables de l’application des lois en matière de recours à la force et aux armes à feu, tout comme les consignes d’intervention, demeuraient insuffisantes. Au moins 33 femmes auraient été tuées à la suite de violences perpétrées au sein de la famille.

Préoccupations relatives au maintien de l’ordre

Comme les années précédentes, des mauvais traitements infligés par des policiers ont été signalés ; un homme serait mort en garde à vue des suites de violences subies.
Au mois de mars, José Reis a été interpellé pour atteinte à la tranquillité publique dans la ville de Lagos. Un témoin a déclaré avoir vu six ou sept policiers le frapper au moment de son arrestation. Conduit au poste de police local vers 4 heures du matin, José Reis a été retrouvé pendu dans sa cellule à 5 h 20. Selon les conclusions de l’autopsie la mort était due à un suicide, mais la police judiciaire et l’Inspection générale de l’administration interne, organe du ministère de l’Intérieur qui contrôle les activités de la police, ont ouvert des enquêtes sur les circonstances de cette mort.
À la connaissance d’Amnesty International, la formation de la police et les consignes d’intervention, notamment en matière de recours à la force et aux armes à feu, étaient toujours inadaptées. Les policiers suivaient, semble-t-il, une formation initiale à l’utilisation des armes à feu, mais ne recevaient ensuite que tous les trois ou quatre ans un enseignement complémentaire. En 2005, au moins trois personnes sont mortes à la suite d’un recours à la force meurtrière, ce qui a ravivé les inquiétudes, déjà anciennes, au sujet d’un éventuel usage injustifié ou disproportionné de la force.
En mars, un homme de quarante-huit ans, dont le nom n’a pas été communiqué, a été tué par un membre de la Garde nationale républicaine (GNR). Selon les informations recueillies, ce dernier a ouvert le feu sur le véhicule de cet homme après qu’il eut, semble-t-il, volé de l’essence, tenté de s’enfuir et heurté un autre agent avec sa voiture, lui infligeant des blessures légères. Une enquête a été ouverte, mais l’agent de la GNR mis en cause n’a pas été suspendu.
Également au mois de mars, João Martins, dix-sept ans, a été mortellement blessé lorsqu’un membre de la GNR a tiré sur sa voiture alors qu’il était pris en chasse par la police. La balle a traversé le véhicule et a atteint João Martins à la poitrine. À la connaissance d’Amnesty International, aucune enquête officielle n’a été ouverte sur cet homicide.

Violences contre les femmes

Les violences contre les femmes infligées au sein de la famille demeuraient un important motif de préoccupation bien que, depuis 1990, le Portugal ait pris des mesures spécifiques en matière de législation, modifié son Code pénal et son Code de procédure pénale et mis en place un programme national de lutte contre les violences domestiques, afin de prévenir et de réprimer les actes de violence commis contre des femmes et d’apporter aux victimes soutien et réparation.
Trente-trois femmes seraient mortes des suites de violences infligées au sein de la famille. Vingt-neuf d’entre elles ont été tuées par leur mari, leur ancien ami ou compagnon, et quatre par d’autres proches parents.

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