TRINITE & TOBAGO

Les homicides imputés à la police demeuraient impunis. De nouveaux cas de brutalités policières ont été signalés. La justice continuait de prononcer des sentences capitales.



Contexte
Les chiffres de la criminalité violente restaient élevés, avec 368 homicides recensés au cours de l’année. Le taux de condamnation pour homicide, y compris dans les affaires mettant en cause des agents de l’État, demeurait faible. Le procureur général et le Chief Magistrate (responsables des tribunaux ordinaires) ont admis que les témoins étaient soumis à des manœuvres d’intimidation, ce qui avait un impact extrêmement négatif sur les procédures pénales. En novembre, le barreau de Trinité-et-Tobago a évoqué un « quasi-effondrement » de la justice pénale. Alarmé par cette situation, il a demandé l’instauration d’un nouveau programme de protection des témoins, ainsi que l’amélioration des enquêtes médicolégales.


Impunité et homicides illégaux imputables aux agents de l’État

De nouveaux cas d’homicides illégaux imputables à des agents de l’État ont été signalés, et l’impunité restait la règle pour ces crimes. En mars, le policier Dave Burnett a été reconnu coupable du meurtre de Kevin Cato, commis en janvier 2004 dans l’exercice de ses fonctions ; c’est la première fois qu’une telle décision était prononcée contre un fonctionnaire de police depuis l’indépendance de Trinité-et-Tobago. En revanche, les enquêtes concernant 37 autres cas d’homicides qui auraient été commis par des agents de l’État depuis septembre 2003 n’avaient apparemment guère progressé, et plusieurs sources ont signalé des manœuvres d’intimidation visant les témoins.
En novembre, Kevon Sween a été abattu par des policiers qui recherchaient les auteurs d’un meurtre qui venait d’être commis. Les forces de l’ordre ont déclaré avoir été la cible de tirs mais des témoins directs auraient affirmé que la victime n’était pas armée et proposait de se rendre.
En juillet, deux agents de l’administration pénitentiaire ont été acquittés du meurtre d’Anton Cooper, un détenu de la maison d’arrêt de Golden Grove tué en juin 2001. Le rapport d’autopsie avait établi que le prisonnier était mort « d’asphyxie et de multiples lésions traumatiques provoquées par des instruments contondants ».

Violences imputables aux forces de sécurité
Cette année encore, des informations ont fait état de tortures et de mauvais traitements infligés par les forces de sécurité.
En août, alors qu’il rentrait chez lui à vélo après une séance de prière, Rabindranath Choon, l’assistant d’un religieux hindou, aurait été enlevé par quatre policiers, passé à tabac et dévalisé. On l’a retenu pendant plusieurs heures avant de le remettre en liberté. Les policiers impliqués ont été inculpés, puis remis en liberté sous caution dans l’attente de leur procès.
En novembre, neuf détenus de la prison de Golden Grove, à Arouca, auraient été pris pour cibles par des membres de la brigade antiémeute qui ont tiré sur eux avec des balles en caoutchouc. La brigade était intervenue après avoir reçu des informations signalant qu’un prisonnier armé avait ouvert le feu dans le quartier des détentions provisoires. Il semble que l’un des détenus ait perdu un œil au cours de cet épisode et que beaucoup d’autres aient été battus. En août, les prisonniers en détention provisoire avaient déclenché une émeute. Ils dénonçaient des mauvais traitements infligés par les gardiens, des conditions carcérales déplorables et des retards dans les procédures judiciaires.


Peine de mort

Au moins deux nouvelles condamnations à la peine capitale ont été prononcées.

Autres documents d’Amnesty International
. Trinidad and Tobago : End police immunity for unlawful killings and deaths in custody (AMR 49/001/2006).
. Trinité-et-Tobago. Condamnation à mort d’un policier accusé de meurtre (AMR 49/002/2006).