Malawi

République du Malawi
CAPITALE : Lilongwé
SUPERFICIE : 118 484 km²
POPULATION : 12,3 millions
CHEF DE L’ÉTAT et du GOUVERNEMENT : Bakili Muluzi, remplacé par Bingu wa Mutharika le 24 mai
PEINE DE MORT : maintenue
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : signé

L’année 2004 a été dominée par les élections présidentielle et législatives de mai. Des policiers auraient fait un usage excessif de la force contre des manifestants et des suspects auraient été torturés en garde à vue. Les médias contrôlés par l’État ont largement favorisé la campagne du United Democratic Front (UDF, Front démocratique uni), le parti au pouvoir. Les conditions carcérales et le nombre élevé de morts en prison restaient une préoccupation majeure.

Contexte
Selon les observateurs chargés de surveiller les élections présidentielle et législatives du 20 mai, les scrutins ont été, dans l’ensemble, libres et réguliers, mais la campagne qui a précédé le vote n’a pas été équitable. L’UDF et son candidat à la présidence, Bingu wa Mutharika, ont bénéficié sur les stations de radio et les chaînes de télévision contrôlées par l’État d’une couverture favorable et d’un temps d’antenne bien supérieur à celui accordé aux autres partis et candidats en lice.
En août, Ralph Kasambara, ancien avocat spécialisé dans la défense des droits humains, a été nommé au poste de procureur général.

Violences commises par des policiers
Comme en 2003, des policiers auraient fait un usage excessif de la force pour disperser des manifestants.
Le 22 février, des policiers auraient réagi de manière excessive pour réprimer un rassemblement pacifique organisé par la coalition de l’opposition. Ils auraient tiré à balles réelles afin de disperser la foule, faisant plusieurs blessés.
La police a également utilisé des balles réelles pour mettre fin à une émeute déclenchée par l’annonce du résultat de l’élection présidentielle.
Le 23 mai, des policiers ont tiré sur des manifestants à Blantyre. Touchée par un projectile, Epiphania Bonjesi, dix ans, a été admise à l’hôpital, où elle est morte le 24 mai. Selon des témoins oculaires, elle était assise sur sa véranda lorsqu’un policier l’a mise en joue et a tiré sur elle. D’après certaines sources, cinq autres personnes blessées par balles lors de ces troubles ont perdu la vie. Ces morts n’ont donné lieu à aucune enquête indépendante. De son côté, la police n’a pas rendu publiques les conclusions d’éventuelles investigations. À la connaissance d’Amnesty International, aucun policier n’a fait l’objet d’une quelconque mesure administrative. La Commission des droits humains du Malawi ainsi que des groupes de défense des droits de la personne se sont efforcés d’obtenir des informations sur cette affaire, mais leurs demandes sont restées sans réponse. Les autorités auraient versé à la famille d’Epiphania Bonjesi une indemnité équivalente à quelque 2 100 euros.
Cette année encore, des suspects auraient été torturés et maltraités ; certains d’entre eux seraient morts en garde à vue.
Mabvuto Maguja est mort le 23 mai des suites, semble-t-il, de coups répétés. Il avait été arrêté le jour même par la police de Lilongwé. D’après un rapport d’autopsie, la mort aurait été provoquée par la pression sur sa poitrine d’un élément contondant, peut-être un pied, et ses blessures au cou tendaient à confirmer une strangulation. Appréhendés en même temps que lui, Wekha Maguja et Gift Chikani auraient également été battus. Lors de ces interpellations, des policiers auraient frappé et agressé sexuellement une femme, Hannah Kapaluma.

Prisons
Plus de 180 prisonniers sont morts en 2004 - contre 162 en 2003 -, la population carcérale du Malawi représentant 9 000 personnes. D’après les normes établies par le Comité international de la Croix- Rouge (CICR), une telle situation nécessite des mesures d’urgence. Un grand nombre de détenus sont morts du sida. D’autres ont succombé à des maladies provoquées ou aggravées par la surpopulation, par un régime alimentaire insuffisant ou par le manque d’hygiène et de soins médicaux, et qui auraient donc pu être évitées.

Remise en cause de certaines libertés constitutionnelles
En juin, la Haute Cour a estimé que le décret présidentiel interdisant toute manifestation liée aux élections était contraire à la Constitution. La liberté d’expression était restreinte, car les médias d’État étaient soumis à un strict contrôle politique.
En juillet, le président a ordonné à la police d’effectuer des rafles ciblant les travailleuses du sexe. Par la suite, la Haute Cour a jugé le décret présidentiel inconstitutionnel, contraire à la liberté de circulation et discriminatoire car fondé sur le genre.

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