SLOVAQUIE

Des cas de mauvais traitements infligés par des policiers à des Roms (Tsiganes) ont été signalés et, selon certaines informations, la police n’assurait pas une protection suffisante contre les violences à caractère raciste dont cette communauté faisait l’objet. Un homme est mort dans des circonstances controversées. Dans les hôpitaux psychiatriques, des personnes souffrant d’un handicap mental ont été, cette année encore, placées dans des lits-cages, ce qui constituait une méthode de contrainte inhumaine et dégradante.

République slovaque
CAPITALE : Bratislava
SUPERFICIE : 49 035 km²
POPULATION : 5,4 millions
CHEF DE L’ÉTAT : Rudolf Schuster, remplacé par Ivan Gašparovi ? le 15 juin
CHEF DU GOUVERNEMENT : Mikuláš Dzurinda
PEINE DE MORT : abolie
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifié

Communauté rom
Au mois de février, certaines des manifestations organisées en Slovaquie orientale par des membres de la minorité rom à la suite, semble-t-il, de modifications de la politique de protection sociale, ont dégénéré en émeutes et en scènes de pillage. Dans certains cas, des policiers ont fait un usage excessif de la force, proféré des injures racistes et infligé délibérément d’autres mauvais traitements. Un grand nombre de personnes arrêtées n’ont pas été autorisées à prendre contact avec leur famille, un avocat ou un tiers, ni à consulter un médecin de leur choix. Trois femmes placées en détention provisoire auraient eu les cheveux coupés contre leur gré.
Le 24 février, des membres de la communauté rom de Trebišov auraient été la cible d’actes d’intimidation et de harcèlement infligés par des policiers. Selon des informations provenant du Centre européen pour les droits des Roms et du Centre pour les droits des Roms en Slovaquie, 250 policiers environ sont arrivés à l’aube dans la ville, avec l’objectif déclaré d’appréhender des personnes soupçonnées d’avoir commis des vols, des dégradations de biens et des violences contre des policiers au cours de troubles survenus la veille au soir. Dans les heures qui ont suivi, les agents auraient pénétré dans des domiciles roms au hasard et sans présenter de mandat de perquisition. Ils auraient agressé, notamment à coups de pied, de matraque et de matraque électrique, des hommes, des femmes et des enfants, sans se soucier de leur âge ni de leur état de santé. Certains auraient proféré des injures racistes contre les victimes. Au moins 26 personnes ont été placées en garde à vue et auraient subi pendant leur détention des passages à tabac et des traitements dégradants.
Le corps de Radoslav Puky a été retrouvé, le 7 mars, dans l’Ondava, la rivière qui coule à proximité du quartier rom. Cet homme avait été aperçu pour la dernière fois alors qu’il tentait d’échapper à des policiers, le jour de l’opération menée à Trebišov. Selon certaines informations, un rapport d’autopsie a conclu que Radoslav Puky était mort des suites de violences et non par noyade. Les résultats de l’enquête n’avaient pas été rendus publics à la fin de l’année 2004.
D’après certaines informations, les Roms n’étaient pas suffisamment protégés contre les violences à caractère raciste dont ils faisaient l’objet. Les autorités locales seraient à l’origine de certains actes : elles auraient recruté des agents de sécurité privés afin d’intimider ou de molester des familles roms pour les obliger à se rendre dans une autre ville.
Selon la League of Human Rights Advocates (LHRA, Ligue des défenseurs des droits humains), une organisation locale, Štefan et Olga Šarkozi auraient reçu en juillet l’ordre du maire de Záhorská Ves de quitter immédiatement leurs terres ainsi que le village. En décembre 2003, leur maison avait été incendiée par un groupe d’individus aux motivations racistes. Le maire est revenu sur les lieux par la suite, accompagné de quatre agents de sécurité armés de battes de base-ball. Ceux-ci ont molesté Štefan Šarkozi, des membres de sa famille, ainsi que Marián Rehák. Dans la soirée, les Šarkozi ont trouvé refuge sous un pont. Le maire et les agents de sécurité les auraient de nouveau attaqués durant la nuit. Štefan Šarkozi a eu le bras cassé, sa fille Olga a été blessée aux jambes, son fils Jozef au visage et à la poitrine, et la cadette, Adriana, a été jetée dans la rivière. Les faits ont été signalés à la police du district de Malacky et au ministère de l’Intérieur, à Bratislava, qui aurait ouvert une enquête. En septembre, comme les Šarkozi refusaient de vendre leurs terres, des policiers et des agents de sécurité privés ont démoli un abri construit par la famille et ont abîmé ou détruit des biens lui appartenant.

Rapports sur le racisme
Dans un rapport publié au mois de janvier, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) s’est déclarée préoccupée par les violences à motivation raciste, notamment par les mauvais traitements infligés par des policiers ; elle a indiqué que la minorité rom restait « gravement défavorisée dans la plupart des domaines, particulièrement en ce qui concerne le logement, l’emploi et l’éducation ».
Un rapport publié en août par le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale relevait avec inquiétude les crimes et autres actes à motivation raciste, ainsi que les mauvais traitements infligés par des policiers à des membres de la communauté rom et d’autres minorités.

Utilisation de lits-cages dans les hôpitaux psychiatriques
Au mois de janvier, le Conseil national slovaque (Parlement) a modifié la Loi sur l’aide sociale afin d’interdire l’utilisation des moyens de contrainte, physiques ou autres, dans les établissements des services sociaux accueillant des handicapés mentaux. Cette interdiction ne s’appliquait toutefois pas aux hôpitaux et aux autres établissements sous la tutelle du ministère de la Santé. Un responsable du ministère aurait indiqué que celui-ci n’avait pas l’intention de prendre des mesures dans ce domaine. Un documentaire réalisé en septembre par la British Broadcasting Corporation (BBC, société de radiodiffusion britannique) dans un hôpital psychiatrique de Sokolovce montrait huit patients dans des lits-cages. L’un d’eux était immobilisé ainsi depuis environ cinq semaines ; le personnel était incapable d’expliquer pourquoi il présentait des plaies et des ecchymoses.
Les autorités n’ont pas adopté les réformes, pourtant hautement nécessaires, du système de soins psychiatriques, qui permettraient notamment la mise en place au niveau local de structures autres que les hôpitaux psychiatriques et les foyers d’accueil existants.

Autres documents d’Amnesty International

  Europe and Central Asia : Summary of Amnesty International’s concerns in the region, January-June 2004 : Slovakia (EUR 01/005/2004).

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