Singapour

La législation a été durcie afin de limiter la liberté d’expression et de réunion, et d’intimider et sanctionner tous ceux qui critiquaient ou s’opposaient de plus en plus ouvertement au gouvernement. On ne disposait que de très peu d’informations au sujet de l’application de la peine de mort. Des délinquants ont été condamnés à des peines de bastonnade.

République de Singapour
CHEF DE L’ÉTAT : Sellapan Rama Nathan
CHEF DU GOUVERNEMENT : Lee Hsien Loong
PEINE DE MORT : maintenue
POPULATION : 4,7 millions
ESPÉRANCE DE VIE : 80,2 ans
MORTALITÉ DES MOINS DE CINQ ANS (M/F) : 4 / 4 ‰
TAUX D’ALPHABÉTISATION DES ADULTES : 94,4 %

Liberté d’expression et de réunion

Les multiples procès intentés par les autorités suscitaient un climat de peur chez les personnes ayant des divergences de vues avec le gouvernement. Cela n’a toutefois pas dissuadé ceux qui critiquaient le gouvernement et les défenseurs des droits humains – parmi lesquels d’anciens prisonniers d’opinion – d’organiser des réunions publiques, d’écrire des articles et de contester la mainmise du Parti d’action populaire (PAP) sur les affaires du pays.
 ?Chee Soon Juan, secrétaire général du Parti démocrate de Singapour (SDP), l’une des principales formations de l’opposition, a fait l’objet de plusieurs inculpations, dont deux pour avoir pris la parole en public sans autorisation. Il a été condamné à une amende de 10 000 dollars singapouriens (environ 5 200 euros) ou à 10 semaines d’emprisonnement au titre de la Loi sur les divertissements et rassemblements publics.
 ?Yap Keng Ho, un membre du SDP, a fait l’objet de poursuites pour avoir vendu le journal de son parti pendant les élections de 2006. Il a préféré passer 20 jours en prison plutôt que de payer une amende de 2 000 dollars singapouriens (environ 1 000 euros).
Les deux hommes faisaient également l’objet de multiples inculpations pour rassemblement et défilé illégaux.
Le gouvernement a présenté en avril sa Loi relative à l’ordre public (2009). Celle-ci instituait de nouvelles entraves à la liberté d’expression, au droit de réunion pacifique et au droit de constituer des associations. Elle a été utilisée pour la première fois contre cinq pratiquants du Fa Lung Gong qui participaient à une manifestation et qui ont été inculpés de rassemblement illégal. La Loi relative à l’ordre public complétait et renforçait certaines dispositions existantes, notamment celles de la Loi sur les divertissements et rassemblements publics et de la Loi relative aux infractions diverses, utilisées par le passé pour réprimer des manifestations pacifiques.
La nouvelle loi autorisait en outre les responsables de l’application des lois à empêcher l’enregistrement ou la diffusion de films montrant les forces de l’ordre en action. Des amendements apportés à la Loi sur les productions cinématographiques restreignaient la possibilité de filmer des manifestations interdites ou toute personne non autorisée à se présenter à une élection.

Détention sans jugement

Une vingtaine de militants islamistes présumés étaient toujours détenus au titre de la Loi relative à la sécurité intérieure. Deux personnes maintenues en détention depuis 2002 en vertu de cette même loi ont été remises en liberté.
Le gouvernement a annoncé que 366 personnes avaient été détenues sans jugement au cours des cinq dernières années au titre des Dispositions temporaires du Code pénal, mais que 272 d’entre elles avaient été libérées pendant cette même période.

Peine de mort

Les informations relatives à la peine de mort, notamment aux condamnations et aux exécutions, étaient très limitées. Une personne au moins, Tan Chor Jin, a été exécutée ; cette exécution a eu lieu en janvier. Six autres au moins ont été condamnées à mort par les tribunaux, d’après les informations disponibles. Le nombre réel d’exécutions et de condamnations à la peine capitale était vraisemblablement bien plus élevé.

Torture et autres mauvais traitements

La peine de bastonnade était toujours prévue pour un certain nombre d’infractions, notamment pour des infractions à la législation relative à l’immigration. Cinq personnes au moins ont été condamnées à cette peine, dans la plupart des cas pour des crimes sexuels tels que le viol. Le service militaire restait obligatoire et, en vertu de la réglementation relative à l’armée, les objecteurs de conscience et les autres personnes déclarées coupables d’infractions telles que le refus d’obéir à un ordre légal ou l’insubordination étaient passibles de bastonnade et d’emprisonnement.

Droits des migrants

Les migrants représentaient un quart de la population de Singapour.
 ?Les permis de travail de deux ressortissants du Myanmar qui travaillaient à Singapour depuis 11 ans n’ont pas été renouvelés au motif que ces deux personnes soutenaient activement le mouvement pour l’instauration de la démocratie dans leur pays.

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