PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINEE

Les violences à l’égard des femmes et les meurtres liés à la sorcellerie étaient toujours monnaie courante, mais le gouvernement n’a pas fait grand-chose pour lutter contre ces pratiques. Les actes de torture et autres mauvais traitements en détention étaient très répandus. La police s’en prenait souvent aux personnes détenues, à coups de crosse et d’arme blanche ; les cas de viol ou de sévices sexuels infligés aux femmes en garde à vue étaient également nombreux.

Papouasie-Nouvelle-Guinée
CHEF DE L’ÉTAT : Elizabeth II, représentée par Paulias Matane
CHEF DU GOUVERNEMENT : Michael Somare, remplacé par Sam Abal le 13 décembre
PEINE DE MORT : abolie en pratique
POPULATION : 6,9 millions
ESPÉRANCE DE VIE : 61,6 ans
MORTALITÉ DES MOINS DE CINQ ANS (M/F) : 70 / 68 ‰
TAUX D’ALPHABÉTISATION DES ADULTES : 59,6 %

Violences faites aux femmes et aux filles

Favorisées par le statut social inférieur de la femme et les pratiques traditionnelles comme la polygamie ou le versement d’une dot, les violences infligées aux femmes demeuraient très fréquentes. Une culture du silence et de l’impunité régnait dans le pays et les femmes craignaient toujours de signaler des violences physiques et sexuelles aux autorités.

En avril, un dispensaire de la ville de Lae a indiqué accueillir chaque mois entre 200 et 300 nouveaux patients, dont la plupart étaient des femmes qui avaient été violées, battues ou agressées à coups de couteau.
Lors de la visite qu’il a effectuée en mai dans le pays, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture a constaté que les femmes étaient particulièrement exposées aux violences dans les sphères privée comme publique. Des policiers ont torturé et maltraité des femmes, leur infligeant des sévices sexuels, lors de leur arrestation et de leur détention. Il est apparu que la police interpellait fréquemment des femmes pour des infractions mineures dans l’intention de les agresser sexuellement. La police sanctionnait les détenues en les plaçant, ou en menaçant de les placer, dans les mêmes cellules que des hommes, où nombre d’entre elles étaient victimes de viol en réunion.

En juillet, lors de l’examen du respect par la Papouasie-Nouvelle-Guinée de ses obligations au titre de la Convention internationale sur les femmes [ONU], le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes s’est déclaré profondément préoccupé par la persistance des violences sexuelles aux niveaux familial et communautaire ainsi que par le manque d’informations sur leur nature, leur ampleur et leurs causes. Une représentante de l’État a promis au Comité que le gouvernement prendrait des mesures législatives contre la violence domestique.

Meurtres liés à la sorcellerie

  • En septembre, dans la province des Western Highlands, une mère de quatre enfants a été ligotée, interrogée, torturée puis brûlée vive après avoir été accusée de sorcellerie. Craignant de retourner chez eux, son époux et ses enfants se sont installés chez des proches.
  • Dans la province de Chimbu, en octobre, quatre personnes (dont un couple âgé) accusées de sorcellerie ont été torturées puis jetées dans un fleuve à fort courant.

Torture et autres mauvais traitements

En février, la police a refusé d’enquêter sur les allégations selon lesquelles des policiers de la Brigade mobile avaient frappé et expulsé de force, en 2009, des gens vivant à proximité du site minier de Porgera.

En mai, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture a constaté que les actes de torture et autres mauvais traitements étaient très répandus dans les établissements pénitentiaires et les postes de police. Les prisonniers qui tentaient de s’évader étaient souvent frappés à coups de machette et de crosse. Certains ont reçu des balles tirées à bout portant ou ont eu les tendons sectionnés au moyen d’une hache ou d’une machette. La police recourait fréquemment aux coups pour sanctionner les personnes privées de liberté. Un grand nombre de mineurs étaient détenus avec des adultes.

  • En septembre, dans la province du Nord, un policier qui appréhendait un homme soupçonné de vol lui a tiré une balle dans la jambe et l’a laissé se vider de son sang, jusqu’à ce qu’un autre agent accompagne cet homme à l’hôpital.
  • En octobre, un policier en état d’ébriété a tiré à bout portant sur un garçon de 15 ans placé en garde à vue. L’adolescent est mort.
  • En novembre, des gardiens de prison ont abattu cinq détenus qui tentaient de s’évader. Cinq autres prisonniers ont été blessés dans la fusillade.
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