GUYANA

Les mesures prises par le gouvernement face aux violences contre les femmes restaient insuffisantes. Trois personnes au moins ont été condamnées à mort ; aucune exécution n’a eu lieu.

RÉPUBLIQUE DU GUYANA
Chef de l’État et du gouvernement : Bharrat Jagdeo, remplacé par Donald Ramotar le 3 décembre
Peine de mort : maintenue
Population : 0,8 million
Espérance de vie : 69,9 ans
Mortalité des moins de cinq ans : 35,3 ‰

Contexte

En décembre, le Parti progressiste populaire (PPP) a remporté les élections pour la cinquième fois consécutive. Il a, cependant, perdu la majorité parlementaire. Une coalition de partis d’opposition a dénoncé le scrutin comme ayant été entaché d’irrégularités. À la fin de l’année, une enquête se poursuivait sur des tirs d’agents de police qui avaient fait plusieurs blessés lors d’une manifestation de l’opposition organisée le 6 décembre.

Police et forces de sécurité

Les informations recueillies faisaient état de mauvais traitements infligés à des détenus dans des postes de police. D’après de nombreuses allégations, des personnes étaient retenues sans inculpation au-delà de la durée de 72 heures prévue par la loi.

Torture et autres mauvais traitements

En juin, la Haute Cour du Guyana a condamné deux policiers, ainsi que le directeur de la police et le ministère de la Justice, au versement de dommages et intérêts ; les deux policiers étaient accusés d’avoir torturé un garçon de 14 ans en octobre 2009, dans les locaux du poste de Leonora. La Cour a conclu que le garçon avait été victime « de torture et de traitement cruel et inhumain ». Un appel interjeté par l’État du Guyana était en instance à la fin de l’année et les fonctionnaires accusés n’avaient pas été suspendus de leurs fonctions.

Violences faites aux femmes et aux filles

La Loi relative aux infractions à caractère sexuel, adoptée en avril 2010, ne se mettait en place que lentement. Le texte portait création d’un groupe de travail national pour la prévention des violences sexuelles, qui devait se réunir au moins une fois par trimestre. À la fin de 2011, toutefois, il ne s’était rassemblé qu’une seule fois. Le groupe de travail a pour mission l’élaboration et l’application d’un Plan national pour la prévention des infractions à caractère sexuel. Les organisations de défense des droits des femmes jugeaient insuffisantes, dans leur ensemble, l’action de la police et des tribunaux face aux plaintes pour violences conjugales et sexuelles.

Droits des lesbiennes, des gays, des personnes bisexuelles et des transgenres

Des cas de harcèlement de travailleurs du sexe transgenres par des policiers, notamment au moyen de la détention arbitraire, ont été signalés. Un recours en inconstitutionnalité visant à abroger un article de la Loi sur les procédures simplifiées d’examen des infractions, qui érige en infraction le fait de se travestir et est souvent invoqué par la police pour harceler les travailleurs du sexe, était en instance devant la Haute Cour fin 2011. Quatre personnes inculpées et condamnées, en février 2009, au paiement d’une amende au titre de ces dispositions, avaient déposé ce recours dans l’objectif d’obtenir l’abrogation de l’article, faisant valoir qu’il était discriminatoire et anticonstitutionnel.

Droit à la santé – VIH/sida

L’opprobre et la discrimination envers les personnes vivant avec le VIH ou le sida, ainsi que la pénalisation des relations sexuelles entre hommes, entravaient toujours l’accès aux informations sur le VIH, au dépistage et aux traitements. À la suite d’une consultation de la société civile, une requête visant à ériger en infraction pénale la transmission délibérée du VIH a été rejetée en septembre par une commission parlementaire restreinte, aux motifs que ces mesures risquaient de décourager le dépistage et d’accroître la réprobation sociale et la discrimination à l’égard des personnes atteintes du VIH/sida.

Peine de mort

Au moins trois personnes ont été condamnées à mort. À la fin de l’année, 34 personnes au total étaient sous le coup d’une condamnation à la peine capitale. Aucune exécution n’a eu lieu au Guyana depuis 1997. Fin 2011, des recours en inconstitutionnalité étaient en instance devant la Haute Cour, dans l’objectif d’annuler les condamnations à mort de deux détenus au motif que le temps qu’ils avaient passé dans l’antichambre de la mort – 23 et 16 ans – constituait en lui-même un traitement cruel, inhumain et dégradant. Les deux hommes étaient toujours en attente d’exécution à la fin de l’année.

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