TRINITE-ET-TOBAGO

L’état d’urgence a été déclaré en réponse à l’augmentation de la criminalité. Cette année encore, des homicides commis par des policiers ont été signalés dont certains, d’après les circonstances, pourraient avoir été illégaux.

RÉPUBLIQUE DE TRINITÉ-ET-TOBAGO
Chef de l’État : George Maxwell Richards
Chef du gouvernement : Kamla Persad-Bissessar
Peine de mort : maintenue
Population : 1,3 million
Espérance de vie : 70,1 ans
Mortalité des moins de cinq ans : 35,3 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes : 98,7 %

Contexte

Le 21 août, le gouvernement a décrété l’état d’urgence pour lutter contre une « menace à la sécurité nationale » aux termes vagues, mais liée au crime organisé. En vertu de ce dispositif, les forces de sécurité pouvaient procéder à des perquisitions et à des arrestations sans mandat, les défilés et rassemblements publics étaient interdits à moins d’avoir été autorisés par la préfecture et un couvre-feu était imposé durant la nuit. L’état d’urgence a été levé le 5 décembre.
Le Premier ministre a annoncé que la fréquence des crimes violents avait considérablement baissé pendant l’état d’urgence. Cependant, il a été signalé à plusieurs reprises que les policiers abusaient de leurs pouvoirs et que les habitants des zones dites « sensibles » étaient pris pour cibles sans discernement. Plus de la moitié des 449 personnes arrêtées pendant l’état d’urgence au titre de la législation sur la lutte antigangs ont été libérées faute de preuves. Le directeur du parquet a reproché à la police des défaillances dans le recueil des éléments de preuve.

Police et forces de sécurité

Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées par la police. Souvent, les déclarations des témoins contredisaient la version des policiers qui affirmaient avoir tiré en état de légitime défense.
*Le 22 juillet à 9 heures, Abigail Johnson, Allana Duncan et Kerron Eccles ont été abattus par la police alors qu’ils traversaient en voiture le village de Barrackpore. Les policiers ont affirmé que des passagers du véhicule avaient tiré sur eux et qu’ils avaient dû riposter. Cependant, des témoins auraient déclaré que ces trois personnes n’étaient pas armées et que les policiers avaient délibérément tiré sur elles. Leur mort a déclenché une semaine de protestations de la part des villageois. Sept policiers ont été inculpés de meurtre en octobre et leur procès était toujours en cours à la fin de l’année.
Des cas de détention arbitraire et de mauvais traitements aux mains de la police durant l’état d’urgence ont été signalés.
*Arthur Lewis a été arrêté à son domicile, à Williamsville, le 5 septembre. Il a déclaré avoir été frappé à coups de matraque pendant sa détention au poste de police de Morvant. Il a été libéré sans inculpation le 9 septembre.

Justice

En septembre, le ministre de la Justice a annoncé que plus de 100 000 affaires pénales étaient en souffrance devant les tribunaux. Le projet de loi visant à accélérer la procédure judiciaire en supprimant les enquêtes préliminaires a été adopté en décembre.

Violences faites aux femmes et aux filles

Le nombre de cas de violence sexuelle ayant fait l’objet de plaintes entre janvier et septembre 2011 a diminué de 30 % par rapport à la même période en 2010. Cependant, les violences liées au genre n’étaient pas toutes signalées, notamment en raison du manque de formation des policiers et de la lenteur de la justice. Deux ans et demi après son élaboration, la stratégie nationale sur les questions de genre et le développement n’avait toujours pas été adoptée.

Peine de mort

Deux hommes ont été condamnés à mort. À la fin de l’année, 31 personnes étaient sous le coup d’une sentence capitale. En janvier, le gouvernement a présenté un projet de loi visant à faciliter la reprise des exécutions. Ce texte a été rejeté par le Parlement en février.

Visites et documents d’Amnesty International

  • Des délégués d’Amnesty International se sont rendus à Trinité-et-Tobago en novembre-décembre.
  • Trinidad and Tobago : New bill would make the Constitution inconsistent with human rights and pave the way to executions (AMR 49/001/2011).
Toutes les infos

Infos liées

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse