FIDJI

République des Îles Fidji

Chef de l’État : Ratu Epeli Nailatikau Chef du gouvernement : Josaia Voreqe Bainimarama

Les droits humains n’étaient pas suffisamment protégés dans la législation, les orientations politiques et la pratique, des restrictions d’envergure étant imposées à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association. Les victimes de violations graves des droits humains, notamment de torture et d’autres mauvais traitements, ne pouvaient pas obtenir réparation devant les tribunaux en raison de l’immunité généralisée dont bénéficiaient les représentants des autorités et les forces de sécurité.

CONTEXTE

En septembre, Fidji a organisé ses premières élections depuis le coup d’État militaire de 2006. De nouvelles lois électorales ont étendu les restrictions pesant sur la liberté d’expression, dans un climat de peur et d’autocensure. Les forces de sécurité ont continué de commettre des violations des droits humains, ce qui a notamment entraîné la mort, en août, d’une personne en garde à vue.

LIBERTÉ D’EXPRESSION, DE RÉUNION ET D’ASSOCIATION

L’exercice des droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association était érigé en infraction et passible de lourdes amendes, voire de peines d’emprisonnement, en vertu d’un certain nombre de décrets.
Le Décret électoral de 2014 interdisait ainsi aux organisations de la société civile de « faire campagne » sur tout sujet relatif aux élections, et notamment de mener des activités d’éducation aux droits humains. Le non-respect de ce texte entraînait une amende de 50 000 dollars fidjiens (environ 27 000 dollars des États-Unis) et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans.
En août, une association de défense des droits humains, le Forum constitutionnel des citoyens, a fait l’objet d’une enquête judiciaire pour avoir enfreint le Décret électoral en organisant une série de conférences publiques sur la démocratie et les droits humains.
En juin, l’Autorité pour le développement du secteur des médias a demandé l’ouverture d’une enquête sur deux universitaires qui avaient demandé à la police de mettre un terme au harcèlement de journalistes et aux actes d’intimidation dont ils faisaient l’objet.

DROITS DES TRAVAILLEURS

Le Décret de 2011 relatif à l’emploi dans les principales industries nationales a continué d’enfreindre les droits fondamentaux des travailleurs, notamment en restreignant les droits à la négociation collective, en limitant fortement le droit de grève, en interdisant le paiement des heures supplémentaires et en annulant les conventions collectives existantes pour les travailleurs de l’industrie sucrière, de l’aviation et du tourisme. En vertu des lois électorales, les responsables syndicaux n’étaient pas autorisés à exercer de fonctions dans un parti politique ni à s’engager dans d’autres activités politiques.
En janvier, le dirigeant syndical Daniel Urai a été arrêté et inculpé de participation à une grève illégale à la suite d’un débrayage organisé dans un hôtel de Nadi. Les charges retenues contre lui ont été abandonnées au bout de deux mois.

TORTURE ET AUTRES MAUVAIS TRAITEMENTS

Du fait de l’étendue de l’immunité prévue par la Constitution, il n’a pas été possible d’obliger les agents de l’État responsables d’atteintes graves aux droits humains, comme la torture et d’autres mauvais traitements, à rendre des comptes. Les membres de l’armée et la police, ainsi que les représentants du gouvernement, jouissaient d’une immunité civile et pénale en cas de violation des droits humains. De nombreux cas de torture et d’autres mauvais traitements sont restés impunis. Plusieurs concernaient des prisonniers évadés, puis repris.
En août, Vilikesa Soko, un homme qui avait été arrêté en tant que suspect dans une affaire de vol qualifié, est mort en garde à vue. Le rapport d’autopsie a révélé qu’il présentait des lésions graves tendant à confirmer qu’il avait subi des violences ayant entraîné la défaillance de plusieurs organes. Le nouveau commissaire de police a rapidement ordonné l’ouverture d’une enquête sur sa mort et suspendu quatre policiers, mais aucune inculpation pénale n’avait été prononcée à l’encontre des auteurs présumés à la fin de l’année.

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