Rapport annuel 2018

Malawi

République du Malawi
Chef de l’État et du gouvernement : Arthur Peter Mutharika

Les agressions à l’encontre de personnes atteintes d’albinisme ont repris, causant la mort de deux personnes. La violence liée au genre a augmenté. Les personnes LGBTI vivaient toujours dans la crainte d’être harcelées ou agressées. Un projet de loi menaçait de réduire au silence les ONG et les organisations de la société civile qui travaillent sur des questions liées à la gouvernance et aux droits humains.

DISCRIMINATION – LES PERSONNES ATTEINTES D’ALBINISME

Les agressions visant des personnes atteintes d’albinisme ont repris en janvier, après une interruption de sept mois. Deux personnes ont été tuées. Un adolescent, Madalitso Pensulo, a été tué le 10 janvier dans le village de Mlonda (district de Thyolo). En février, Mercy Zainabu Banda a été retrouvée assassinée à Lilongwé. On lui avait prélevé une main, le sein droit et les cheveux. En mars, deux frères ont été poignardés à Nsanje. En date du 30 août, 20 homicides de personnes atteintes d’albinisme survenus depuis 2014 restaient à élucider.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES

Les violences liées au genre ont continué. Sept femmes auraient été tuées au cours des seuls mois d’août et de septembre. Le 14 septembre, quelque 150 femmes ont participé à une marche nationale pour protester contre l’ampleur alarmante des violences liées au genre. Le ministère du Genre, de l’Enfance, du Handicap et de l’Action sociale a publiquement exprimé sa préoccupation quant à ces homicides. L’une des manifestantes, Beatrice Mateyo, a été arrêtée pour avoir brandi une pancarte sur laquelle étaient inscrits « des mots obscènes et offensants ». Inculpée d’« atteinte à la pudeur d’une femme » au titre de l’article 137(3) du Code pénal, elle a été libérée sous caution le jour même. Si elle était reconnue coupable, elle encourrait jusqu’à un an d’emprisonnement.

DROITS DES LESBIENNES, DES GAYS ET DES PERSONNES BISEXUELLES, TRANSGENRES OU INTERSEXUÉES

Les agressions et les actes de harcèlement visant des personnes LGBTI se sont poursuivis. En janvier, Kenneth Msonda, porte-parole du Parti populaire, a publiquement déclaré que les gays étaient « pires que des chiens » et qu’ils devaient « être tués ». Il a été poursuivi en justice par des militants pour incitation à la violence envers les gays et les lesbiennes. La Cour constitutionnelle n’avait pas déterminé s’il convenait de l’inculper à la fin de l’année.
En août, un garçon de 12 ans a cessé d’aller à l’école après avoir été harcelé et agressé de manière répétée. Des personnes lui avaient notamment jeté des pierres et uriné dessus. Ce garçon et sa famille vivaient dans la crainte qu’il ne soit tué.
Les relations sexuelles consenties entre adultes de même sexe étaient toujours interdites. Cependant, la procureure générale adjointe est intervenue en avril après une manifestation contre les personnes LGBTI, organisée par des responsables politiques et religieux. La Commission des droits humains du Malawi a fait savoir qu’elle organiserait des consultations publiques concernant l’opportunité de réformer la législation.

DÉFENSEURES ET DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Des projets de modification de la loi sur les ONG étaient toujours en instance d’examen devant le Parlement à la fin de l’année. Ces modifications prévoyaient la mise en place d’un contrôle étendu, excessif, intrusif et arbitraire des activités des ONG et pourraient réduire au silence les détracteurs du gouvernement, dont les groupes de défense des droits humains. Si elle était mise en application, la nouvelle législation créerait un bureau des ONG sous la tutelle du ministère du Genre, de l’Enfance, du Handicap et de l’Action sociale. Ce bureau aurait des pouvoirs discrétionnaires très étendus, notamment celui de valider les demandes de financement des ONG auprès d’organismes donateurs. Il pourrait exiger que ces demandes soient en accord avec les politiques du gouvernement et « favorables à l’intérêt public ». Les ONG seraient tenues de se faire enregistrer auprès de ce bureau, qui aurait le pouvoir de leur retirer leur enregistrement. Elles seraient également obligées de signer des protocoles d’accord avec les autorités locales avant de pouvoir mener leurs activités auprès d’une population donnée.

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