Rapport annuel 2018

Papouasie-Nouvelle-Guinée

État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée
Cheffe de l’État : Elizabeth II, représentée par Robert Dadae (qui a remplacé Michael Ogio en février)
Chef du gouvernement : Peter Charles Paire O’Neill

Les violences perpétrées par les forces de sécurité sont restées endémiques, visant principalement des prisonniers, des réfugiés et des femmes. Dans certaines parties du pays, de violents affrontements ont éclaté à la suite de désaccords concernant les élections ; plusieurs personnes ont été tuées. Plus de 800 réfugiés et demandeurs d’asile restaient bloqués en Papouasie-Nouvelle-Guinée après y avoir été envoyés de force par les autorités australiennes. Deux réfugiés souffrant de graves troubles mentaux sont morts, ce qui a suscité des questionnements concernant les soins médicaux prodigués à ces personnes.

PERSONNES RÉFUGIÉES OU DEMANDEUSES D’ASILE

La politique australienne consistant à placer les réfugiés en détention sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et à y faire traiter leur dossier a entraîné des violations systématiques des droits de centaines de personnes. En février, un réfugié iranien, Loghman Sawari, a été placé en détention et inculpé après avoir été renvoyé de force vers la Papouasie-Nouvelle-Guinée depuis Fidji, où il s’était enfui dans le but de demander l’asile. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a affirmé qu’il avait fourni de fausses informations afin d’obtenir un passeport. Cependant, toutes les charges retenues contre lui ont été abandonnées par les tribunaux au mois de septembre, faute de preuves.
Deux réfugiés, décédés respectivement en août et en octobre, se seraient suicidés. Des enquêtes du coroner étaient néanmoins en cours afin de déterminer les circonstances de la mort de chacun des deux hommes.
Environ 25 réfugiés ont été transférés aux États-Unis en septembre mais la vaste majorité des réfugiés et demandeurs d’asile restaient bloqués sur l’île de Manus.
Les 23 et 24 octobre, des agents de l’immigration et des policiers de Papouasie-Nouvelle-Guinée armés de barres de métal ont évacué de force les réfugiés encore présents dans le centre pour réfugiés de Lombrum et les ont transférés vers les complexes de Hillside Haus et West Lorengau Haus, ou vers le centre de transit d’East Lorengau. Certains réfugiés ont été légèrement blessés. Les infrastructures de Hillside Haus et de West Lorengau Haus n’étaient pas adaptées et les coupures d’eau et d’électricité y étaient fréquentes. Des réfugiés ont subi des menaces et des agressions à la suite de ces transferts.

POLICE ET FORCES DE SÉCURITÉ

En avril, l’armée de Papouasie-Nouvelle-Guinée a ouvert le feu en direction du centre pour réfugiés de Lombrum, sur l’île de Manus, à la suite d’une altercation concernant l’utilisation d’un terrain de football voisin. Les premiers rapports publiés par la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l’Australie laissaient entendre qu’il n’y aurait eu qu’un seul tir, en l’air, et qu’il ne s’agissait donc pas d’une atteinte à la sécurité. Toutefois, des éléments médicolégaux ont permis d’établir que de multiples coups de feu avaient en réalité été tirés directement vers le centre, mettant en péril la vie de réfugiés, d’agents de l’immigration et de prestataires privés. L’Australie a alors confirmé que neuf personnes avaient été blessées, dont trois réfugiés. Aucune enquête n’avait été ouverte à la fin de l’année.
En mai, les forces de sécurité de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont tué par balles 17 prisonniers qui tentaient de s’évader d’une prison de la ville de Lae. Cette prison avait déjà fait l’objet d’un signalement en raison des mauvaises conditions de détention, du manque d’installations sanitaires et de la surpopulation qui y régnaient. Si les autorités ont déclaré que des enquêtes concernant cet incident seraient menées, aucune information à ce sujet n’avait été communiquée à la fin de l’année. Environ la moitié des personnes incarcérées dans cette prison étaient en détention préventive et nombre d’entre elles attendaient leur procès depuis des années.

VIOLENCES ÉLECTORALES

Des élections nationales se sont tenues entre fin juin et août. Des allégations de corruption, de mauvaise gestion et d’exclusions massives d’électeurs, ainsi que la réponse brutale des autorités, ont engendré une atmosphère tendue qui s’est parfois traduite par des violences ou des arrestations.
Des violences ont éclaté dans les provinces d’Enga et des Southern Highlands, autour de résultats contestés à l’issue des élections. À la mi-août, le bilan avait atteint au moins 20 morts et environ 120 maisons incendiées.

VIOLENCES LIÉES AU GENRE

Les violences liées au genre représentaient toujours un problème majeur. La journaliste de premier plan Rosalyn Albaniel Evara est décédée le 14 octobre. Certains membres de sa famille et des amis proches ont affirmé qu’elle avait été victime de violences conjugales. Aucune inculpation n’avait été prononcée à la fin de l’année.
En novembre, une enfant de six ans a été blessée à l’arme blanche et a subi des brûlures à la suite d’accusations de sorcellerie dans la province d’Enga. Sa mère, Kepari Leniata, avait été brûlée vive en public à Mount Hagen en 2013. Personne n’a été traduit en justice pour ces faits. Bien souvent, en raison des croyances profondément ancrées chez les policiers et les autres habitants, les autorités ne mènent pas d’enquêtes ni de poursuites judiciaires en bonne et due forme dans les cas de violences consécutives à des accusations de sorcellerie.
En novembre, le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée a annoncé qu’il comptait débloquer 25 millions de kinas (environ 7,8 millions de dollars des États- Unis) pour mettre fin aux violences faites aux femmes, établir un système de protection de l’enfance et lutter contre les violences commises à la suite d’accusations de sorcellerie.

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