Uruguay |Rapport annuel 2019

Uruguay Vazquez

République orientale de l’Uruguay
Chef de l’État et du gouvernement : Tabaré Vázquez

L’impunité pour les auteurs de crimes contre l’humanité commis dans le passé demeurait une préoccupation. Les conditions de détention étaient toujours déplorables, et elles étaient aggravées par le recours généralisé à la détention provisoire. Les droits des personnes en situation vulnérable, notamment les femmes, les filles, les lesbiennes, les gays et les personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes (LGBTI), étaient toujours menacés.

L’impunité en Uruguay

L’incapacité à garantir la justice, la vérité et les réparations pour les crimes contre l’humanité commis sous l’ancien régime militaire (1973-1985) demeurait un problème non résolu. Des 187 enquêtes pénales ouvertes relatives à ces crimes, 91 % n’avaient pas débouché sur des poursuites en justice, et des condamnations avaient été prononcées dans seulement 14 affaires.

Sur les 196 disparitions forcées reconnues par les autorités de l’État, le sort de 163 personnes demeurait inconnu. Seules huit personnes sur 44 victimes de disparitions forcées sur le territoire uruguayen avaient été localisées.
La Cour suprême a de nouveau confirmé le délai de prescription des crimes contre l’humanité commis entre 1973 et 1985, en violation du droit international.

Le versement de la pension spéciale de réparation aux victimes des violences commises par l’État entre 1973 et 1985 a été refusé aux personnes qui recevaient d’autres pensions ou des aides sociales.

SECURITE PUBLIQUE ET CONDITIONS DE DETENTION

Les mesures prises par rapport à la capacité des prisons et aux conditions de détention n’ont pas suffi à apporter des améliorations en termes de réinsertion et de prévention de la criminalité. En mai, 53 % des détenus étaient récidivistes, et le taux d’incarcération était de 315 prisonniers pour 100 000 habitants, soit deux fois la moyenne mondiale. Selon le Procureur général, 44 % des personnes détenues début 2019 étaient en attente de procès.

Selon le commissaire parlementaire aux affaires pénitentiaires, une proportion importante de la population carcérale vivait dans des conditions déplorables et subissait des violences importantes constituant des mauvais traitements.

PERSONNES MIGRANTES ET DEMANDEUSES D’ASILE

Il n’existait toujours pas de plan d’action officiel visant à garantir un accès égal aux droits aux personnes migrantes et réfugiées, de plus en plus nombreuses, et particulièrement aux personnes les plus vulnérables.

En 2019, 31 % des demandes de titre de séjour permanent étaient déposées par des personnes originaires du Venezuela, 26 % par des personnes cubaines et 2 % par des personnes dominicaines. Selon des organisations locales, les personnes migrantes en situation vulnérable en provenance de ces pays étaient d’autant plus confrontées à un manque de protection de leurs droits au travail dans des conditions satisfaisantes, au logement et à l’éducation.

Les personnes disposant du statut de réfugié ne bénéficiaient d’aucune aide spécifique de la part de l’État pour leur réinstallation ni pour faire face aux conséquences des persécutions et des violences, ce qui engendrait des menaces supplémentaires pour leurs droits humains.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Selon l’Observatoire national de la violence et de la criminalité, 24 féminicides ont été commis en 2019. Entre janvier et juin, 55 % des meurtres dont les victimes étaient des femmes ont été commis par leur partenaire, leur ancien partenaire ou un membre de leur famille. Le 30 décembre, le président Vázquez a publié une résolution déclarant l’état d’urgence en matière de violences liées au genre.

Malgré l’introduction d’une loi en 2017 pour lutter contre les violences liées au genre, aucun mécanisme national n’existait pour lutter contre les violences envers les femmes et pour proposer des services aux victimes.

Les obstacles à la lutte contre toutes formes de violences liées au genre perduraient, y compris un manque de financement public, de fréquentes décisions de justice allant à l’encontre de la protection des femmes et reposant sur des préjugés sexistes et fondés sur la classe sociale, et l’absence de suivi des plaintes par la police.

DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS

En septembre, le gouvernement a présenté sa feuille de route pour la prise en charge totale des soins pour les filles enceintes âgées de moins de 15 ans dans le cadre de la Stratégie nationale pour la prévention des grossesses non désirées chez les adolescentes.

L’interruption volontaire de grossesse demeurait difficilement accessible faute de réglementation concernant le refus de procéder à l’avortement pour des raisons de conscience pouvant être avancé par les médecins et les autres professionnels de santé.

DROITS DES LESBIENNES, GAYS, PERSONNES BISEXUELLES, TRANSGENRES OU INTERSEXES (LGBTI)

Aucune politique de lutte contre la discrimination n’existait pour protéger les personnes LGBTI des violences à l’école ou dans les endroits publics.
En août, la tentative d’annulation d’une loi de 2018 qui reconnaissait les droits des personnes transgenres a échoué.

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