Albanie - Rapport annuel 2020

carte Albanie rapport annuel amnesty

République d’Albanie
Chef de l’État : Ilir Meta
Chef du gouvernement : Edi Rama

Les violences domestiques contre les femmes ont augmenté pendant le confinement. Le Premier ministre a menacé de recourir à des pouvoirs d’exception pour faire fermer des médias qui auraient « semé la panique » à propos de la pandémie de COVID-19. Les discriminations à l’encontre des Roms et des personnes LGBTI perduraient.

Contexte de la situation des droits humains en Albanie

Entre le 31 mars et le 23 juin, au nom de la lutte contre la pandémie de COVID-19, l’Albanie a dérogé à certaines des obligations qui lui incombent au titre de la Convention européenne des droits de l’homme. Des mesures excessives ont été appliquées afin de faire respecter le confinement.

Violences faites aux femmes et aux filles

Les violences liées au genre se sont multipliées pendant le confinement. Une ONG de défense des droits des femmes a signalé que le nombre d’appels passés à la ligne nationale d’assistance aux femmes et aux filles entre mars et mai avait triplé par rapport à la même période de l’année 2019.
L’agression sexuelle d’une adolescente de 15 ans par le gardien de son établissement scolaire et par trois autres hommes a suscité une vive indignation au sein de l’opinion publique en juin. Des centaines de personnes ont manifesté à Tirana, la capitale, contre les violences liées au genre.

Liberté d’expression

En mars, le Premier ministre a menacé de faire fermer des médias pour avoir « semé la panique » à propos de la pandémie de COVID-19.

Les autorités ont abrogé une loi anti-diffamation controversée qui menaçait la liberté des médias sur Internet.

En août, les autorités ont saisi la chaîne de télévision Ora News TV à la suite d’une enquête sur les actifs de son propriétaire. Le groupe médiatique auquel appartenait la chaîne a continué de fonctionner.

Personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes

Des rapporteurs et une rapporteuse des Nations unies ont exprimé leurs préoccupations quant à l’expulsion de Harun Çelik vers la Turquie le 1er janvier. La médiatrice a par ailleurs indiqué que de graves violations des droits humains avaient été commises dans le cadre de cette expulsion. Harun Çelik, un enseignant turc lié au « mouvement Gülen », avait déposé une demande d’asile en Albanie.

Discrimination

En avril, des militant·e·s roms ont manifesté contre l’octroi discriminatoire de l’aide financière d’urgence mise en place par le gouvernement ; les personnes travaillant dans le secteur informel ne pouvaient pas en bénéficier.

Le Parlement a adopté des modifications de la législation relative à la discrimination, élargissant ainsi grandement l’éventail de groupes éligibles à une protection juridique.

Droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes

Les personnes LGBTI continuaient de subir de nombreuses discriminations ; le droit à une union civile entre personnes du même sexe n’était toujours pas reconnu.

L’Ordre des psychologues a interdit à ses membres de recourir à des thérapies de conversion. Le ministère de la Santé a prohibé les interventions médicales sur les nouveau-nés intersexes.

Recours excessif à la force

Le 17 mai, la police a eu recours à une force excessive contre des militant·e·s qui manifestaient contre la démolition du théâtre national de Tirana. Deux journalistes qui couvraient la manifestation ont été agressés verbalement et frappés par des policiers ; l’un d’entre eux a été placé en détention provisoire.

Des affrontements ont éclaté dans plusieurs villes à la suite de la mort d’un homme de 25 ans, abattu le 8 décembre par un policier qui faisait respecter le couvre-feu lié au COVID-19. Deux journalistes ont été appréhendés et agressés alors qu’ils couvraient les manifestations. La commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a appelé les autorités à supprimer les interdictions générales concernant la liberté de réunion.

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