Fidji - Rapport annuel 2021

carte Fidji rapport annuel amnesty

République des Fidji
Chef de l’État : Wiliame Maivalili Katonivere (a remplacé Jioji Konrote en novembre)
Chef du gouvernement : Josaia Voreqe « Frank » Bainimarama

Des lois répressives ont été utilisées pour réduire au silence les personnes qui critiquaient le gouvernement, et le droit de réunion pacifique a été restreint. Le gouvernement a introduit des mesures oppressives en réponse à la pandémie de COVID-19, notamment des confinements stricts et des amendes qui ont touché de manière disproportionnée les personnes vivant dans des quartiers informels.

Contexte

En septembre, le gouvernement a déclaré l’urgence climatique et a adopté une Loi relative au changement climatique dans l’objectif d’honorer ses engagements de réduction des émissions, pris dans le cadre de l’Accord de Paris. En novembre, lors de la COP26, les Fidji ont réclamé des engagements internationaux plus fermes en matière de réduction des émissions carbone d’ici à 2030, sans pour autant augmenter leurs propres objectifs.

Liberté d’expression et de réunion

En février, les autorités ont expulsé le vice-chancelier de l’Université du Pacifique Sud (USP), qui avait dénoncé un détournement de fonds au sein de l’établissement en 2020. Le gouvernement a ensuite cessé de verser des financements à l’USP après que l’université eut réintégré le vice-chancelier sur son campus du Samoa.

La Loi relative à l’ordre public et d’autres lois ont été utilisées pour attaquer et réduire au silence des personnes critiques à l’égard du gouvernement. Un ancien médecin et un homme politique ont été arrêtés en août après avoir critiqué sur les réseaux sociaux la réponse apportée par le gouvernement à la pandémie de COVID-19.

En mai, pour la sixième année consécutive, les syndicats n’ont pas été autorisés par les pouvoirs publics à organiser un défilé à l’occasion de la Journée internationale du travail.

Droit à la santé

Plus de 730 personnes, dont des membres du personnel de santé, sont mortes du COVID-19. Ces décès étaient principalement dus au manque de moyens du système de santé. Les hôpitaux ont refusé des milliers de patient·e·s faute de lits disponibles.

En août, le gouvernement a instauré une politique de vaccination obligatoire contre le coronavirus, au titre de laquelle tous les salarié·e·s et les bénéficiaires de prestations sociales devaient se faire vacciner, sous peine de perdre leur emploi ou leurs allocations.

Selon une étude menée par le Mouvement fidjien des droits des femmes, 42,3 % des femmes hésitaient à se faire vacciner. Or, le gouvernement n’a pas donné la priorité à l’éducation à la santé ni à la mobilisation de la population au sujet de sa stratégie de vaccination.

Entre mai et septembre, des centaines d’amendes ont été infligées à des entreprises privées et à des particuliers pour non-respect du couvre-feu ou des règles sur le port du masque. Les personnes vivant dans des quartiers informels ont été touchées de manière disproportionnée par les mesures de confinement. La police et d’autres membres des forces de sécurité surveillaient les entrées et les sorties de ces quartiers, et des plaintes ont fait état d’un recours excessif à la force.

Droits des femmes

Des femmes députées, dont la ministre de la Condition féminine, de l’Enfance et de la Réduction de la pauvreté, ont fait l’objet de remarques misogynes et sexistes de la part de collègues députés, ainsi que de manœuvres d’intimidation et de harcèlement en ligne.

Des organisations de défense des droits des femmes ont alerté sur la hausse de la violence liée au genre et du chômage des femmes en raison de la pandémie.

Droits des peuples autochtones

En juillet, le Parlement a adopté des modifications de la Loi relative à l’administration des terres autochtones sans mener de consultation publique adéquate. Selon la version modifiée de cette loi, il n’était plus nécessaire d’obtenir l’accord du Conseil d’administration des terres autochtones pour octroyer une hypothèque ou un bail sur des terres appartenant à des populations autochtones. Plus d’une dizaine de personnes ont été arrêtées pour avoir exprimé leur opposition à ces modifications, parmi lesquelles deux anciens Premiers ministres et les responsables de trois grands partis d’opposition.

Fiji : Blanket Mandatory Vaccine Policy Not Justified (ASA 18/4662/2021), 1er septembre

Toutes les infos
2022 - Amnesty International Belgique N° BCE 0418 308 144 - Crédits - Charte vie privée
Made by Spade + Nursit