Prisons : une pétition pour des solutions rapides

Dans le contexte de la grève en cours actuellement dans les prisons de Bruxelles et de Wallonie, Amnesty International lance aujourd’hui une pétition appelant toutes les parties concernées à se mettre de toute urgence autour de la table pour faire évoluer positivement la situation, dans l’immédiat et à moyen et long termes. Cette grève met en lumière les graves failles structurelles du système carcéral belge, lesquelles mènent notamment à une situation où les conditions de détention s’apparentent à des traitements inhumains et dégradants. Voir également le billet de blog "Fabriquons-nous des "momies désséchées" dans nos prisons ?

Ce qui se passe aujourd’hui dans les prisons est dramatique, notamment en ce qui concerne la situation des détenus. Nous ne tolérons plus que les choses traînent de cette façon. Il en va de la dignité et des droits fondamentaux d’êtres humains. Nous attendons de la part de tous les acteurs qu’ils prennent leurs responsabilités et qu’ils fassent sortir rapidement le dossier de l’impasse. Il est temps que ce chancre que sont les conditions pénitentiaires belges soit réglé une bonne fois pour toutes”, explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Dans son Rapport annuel, publié en février dernier, Amnesty International a une fois de plus alerté sur les mauvaises conditions carcérales en Belgique. En avril dernier, ce sont le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains et dégradants (CPT) et le Médiateur fédéral qui ont mis en évidence la situation dramatique des détenus. En outre, un profond sentiment d’insatisfaction lié notamment à la surpopulation carcérale, au sous-effectif chronique et à des conditions de travail difficiles en termes de sécurité, a mené une nouvelle fois les agents pénitentiaires à se mettre en grève.

La situation des détenus, déjà difficile, est aggravée lors des grèves, ce qui est crûment mis en lumière depuis le 25 avril dernier. Le CPT a plusieurs fois attiré l’attention sur l’impact dramatique que les grèves ont sur les droits des prisonniers et sur leur sécurité. Ainsi, le Comité a révélé que, durant les grèves, les prisonniers sont privés de leurs droits fondamentaux, à savoir un accès à l’alimentation, à l’hygiène et aux soins de santé. Leurs activités sont par ailleurs compromises, de la même façon que les contacts avec leurs avocats et l’accès aux visiteurs, lequel est restreint. Les prisonniers doivent par ailleurs rester dans leurs cellules 24 heures sur 24.

Outre une solution qui permettra de régler la situation dans l’immédiat et des réformes structurelles en mesure d’améliorer significativement le système carcéral belge, Amnesty International demande qu’un niveau minimum de services aux détenus soit assuré durant les grèves du personnel pénitentiaire, et ce, de façon à éviter tout impact négatif sur les droits humains des prisonniers.

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