Info-bulletin n°4

ARGENTINE

Néstor Kirchner, le candidat de l’ex Premier ministre Eduardo Duhalde, est le nouveau président de l’Argentine après un premier tour d’élection que son rival, l’ex président Carlos Menem, a remporté avec 24% contre 22% pour Kirchner, et après lequel Menem s’est retiré en mai. La communauté internationale semble soulagée du retrait de Menem, qui entre 1989 et 1999 avait mené une politique libérale qui après une période de stabilité, a conduit le pays vers la crise de décembre 2001. Il a été aussi accusé de corruption.
Kirchner, lui, ancien gouverneur de la province de Santa Cruz peu connu de l’opinion publique, est comme Duhalde et Menem du Parti Péroniste, conservateur, mais il est moins libéral que Menem.
Kirchner conserve le ministre de l’Economie, Roberto Lavagna, qui continue à négocier avec le Fonds Monétaire International (FMI) le paiement de la dette du pays, qui doit toujours 137.000 millions de dollars aux organismes créditeurs internationaux depuis décembre 2001.
Pendant son premier mois à la tête du pays, Kirchner a entamé une série de mesures destinées à éliminer la corruption des institutions, comme le changement des chefs militaire et de la police et la mise en question du président de la Cour Suprême, qui par ailleurs doit se prononcer sur la validité des lois de Point Final et Obédience Due (1986-87) qui ont laissé dans l’impunité les militaires de la dictature (1976-1983).
Le nouveau président s’est dit prêt à relancer le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) avec le Brésil et il prévoit de voyager en Europe en juillet. Il a aussi destitué 44 militaires, dont l’ex chef de l’Armée de Terre Ricardo Brinzoni, accusé d’avoir participé au massacre de Margarita Belén de 1975 dans la province de Chaco (nord-est), ou 22 prisonniers politiques ont été assassinés. La justice a pour sa part demandé l’arrestation de 10 militaires qui pourraient être impliqués.
Le nouveau gouvernement a aussi admis pour la première fois la possibilité d’ouvrir des procès d’extradition de militaires de la dictature réclamés par les justices d’autres pays, notamment européens, ce qui jusqu’à présent avait été rejeté et qui ouvrirait la voie à leur jugement.
Côté économique, le FMI a offert le gouvernement de payer la dette en trois ans, mais l’Argentine doit encore verser en août 6.000 millions de dollars qu’elle n’a pas.
D’autre part, les autorités mexicaines ont extradé fin juin l’ex militaire argentin Ricardo Miguel Cavallo en Espagne, où le juge Baltasar Garzón l’inculpe de génocide, tortures et terrorisme.
Les Mères de la Place de Mai ont annoncé l’identification du fils de disparus numéro 75, alors que l’ex militaire Enrique Berthiel a été incarcéré, accusé de vol d’une fille de disparus de la dictature.

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