Tienanmen - 20 ans après, il est toujours urgent de se mobiliser !

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Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées jeudi matin à l’appel d’Amnesty International devant l’ambassade de Chine à Bruxelles pour commémorer le vingtième anniversaire de la répression de la place Tiananmen.

Devant une affiche représentant un char de l’armée chinoise et proclamant l’article 3 de la déclaration universelle des droits de l’homme, en français et en chinois, les manifestants ont entamé une chorégraphie, rendant hommage au jeune étudiant chinois, immortalisé sur une photo qui a fait le tour du monde, qui avait arrêté seul une colonne de chars en marche.

« Nous avions trouvé un vrai tank », explique Philippe Hensmans, directeur d’Amnesty International en Belgique francophone. « Malheureusement, la commune ne nous a pas permis de l’amener ici, nous avons donc fait la chorégraphie devant l’affiche. »

Si les Chinois ont bénéficié d’une certaine amélioration de leurs conditions de vie en vingt ans, la situation des droits humains est toujours dramatique en Chine, poursuit Philippe Hensmans. « Beaucoup de participants au mouvement du printemps de Pékin sont morts ou sont toujours en prison. La Chine reste également le champion de la censure, tant au niveau des médias que d’internet. Ni la presse, ni les syndicats ne sont libres, ce qui donnent lieu à de très graves problèmes de gouvernance. »

Selon Philippe Hensmans, près de 500.000 personnes se trouveraient actuellement dans des camps de travail en Chine.

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20 ans après Tiananmen, 20 ans de déni du gouvernement

La répression militaire de la place Tiananmen en 1989 a entraîné la mort de centaines de personnes et la détention d’autres alors qu’elles manifestaient pacifiquement pour des réformes démocratiques et pour plus de respect des droits humains les plus fondamentaux.
A ce jour, aucune enquête exhaustive, impartiale et indépendante n’a été diligentée pour déterminer les présumés responsables de ce massacre et les proches des victimes pour certains n’ont toujours pas eu d’indemnités.
Dans le flot de la répression, les autorités chinoises ont arrêté, torturé et détenu, à l’issue de procès inéquitables, de nombreuses personnes dont certains sont toujours emprisonnées.

Le gouvernement chinois cultive un total déni du mouvement pro-démocratique de 1989 en le faisant disparaître de la mémoire collective ; si bien que les jeunes chinois ignorent tout de ce mouvement revendicatif des droits humains.
Une censure s’abat sur les sites internet qui affichent « Tiananmen » ou « 4 juin 1989 » et les militants qui osent s’y référer sont poursuivis, harcelés et même détenus.

À l’approche du 20ème anniversaire des manifestations pro-démocratiques de Tiananmen, la Chine a mis en place un dispositif de surveillance intensifiant la répression contre les défenseurs des droits humains à travers le pays.
Amnesty International a recensé au moins une centaine de cas de militants victimes d’arrestations, d’agressions, de violence et de harcèlements de la part des autorités.
Depuis le début de l’année 2009, au moins quatre avocats ont été violemment menacés par les autorités alors qu’ils défendaient leurs clients, au moins dix autres ont été empêchés de rencontrer ou de représenter leurs clients, et au moins un a été arrêté pour son travail.

Bien que le 13 avril dernier, la Chine ait lancé "le plan d’action national pour les droits de l’Homme" approuvé par le gouvernement et largement relayé par les médias officiels (ce plan, premier du genre, promet une meilleure protection légale et davantage de droits politiques), la situation des droits humains reste déplorable surtout dans le contexte de la 20ème commémoration de Tiananmen.
En témoigne la situation récente de ce militant Chen Yunfei : les autorités chinoises l’ont interrogé pendant six heures et prévenu qu’il n’avait pas intérêt à essayer d’organiser des actions militantes à l’occasion de l’anniversaire du 4 juin.
Son immeuble est sous surveillance policière depuis le 20 avril 2009.

Amnesty International réclame :

  • L’obligation de rendre des comptes. Elle s’entend comme le devoir, pour tout gouvernement, de prévoir et autoriser des procédures transparentes et impartiales pour répondre aux doléances de la population.
  • Le réexamen par le gouvernement de son rôle et son verdict concernant les événements intervenus les 3 et 4 juin 1989, en lançant une enquête ouverte et indépendante sur ces événements, et notamment sur les violences et les décès. Ceux qui sont responsables de graves violations des droits humains doivent rendre des comptes.



Notre rubrique sur les JO de Pékin :Les Jeux Olympiques de 2008…et après ?

Chine—la répression contre les militants s’intensifie au mépris de l’état de droit

Article sorti juste avant les JO de Pékin :

Lorsque tous les regards vont se tourner vers Pékin pour les Jeux olympiques d’août 2008, beaucoup se souviendront d’un évènement précédent qui avait attiré sur Pékin l’attention des médias du monde entier – l’écrasement du mouvement étudiant et de protestation pacifique du 4 juin 1989, qui s’était traduit par des centaines de morts et de blessés…..

Les autorités ne présentent plus aujourd’hui les évènements comme une « rébellion contre-révolutionnaire », préférant parler d’« incident politique », mais elles continuent de faire la sourde oreille aux appels réclamant justice pour les victimes et leurs familles.

Jusqu’à présent, les autorités n’ont mené aucune enquête indépendante sur les évènements du 4 juin 1989 en vue de traduire en justice les responsables d’atteintes aux droits humains ou d’indemniser les victimes ou leurs familles. Selon certaines informations, les autorités locales auraient versé 70000 yuans (environ 6750 euros) en mai 2006 à la mère de Zhou Guocong, un garçon de quinze ans battu à mort par la police de Chengdu, dans la province du Sichuan, le 7 juin 1989. Il avait été arrêté pour avoir pris part aux manifestations en faveur de la démocratie. Cependant, le versement a été décrit comme une « allocation pour conditions de vie difficiles » plutôt que comme une « indemnisation ». Il est possible que d’autres familles aient reçu une « indemnisation » à titre privé mais qu’on leur ait demandé de garder le silence.

Le gouvernement chinois continue d’étouffer le débat public sur cette question qui reste absente des magazines, journaux, livres scolaires et sites internet en Chine.

À l’approche du vingtième anniversaire des évènements de Tiananmen, Amnesty International demande instamment aux autorités chinoises d’assurer un meilleur respect de la liberté d’expression et d’information en levant l’interdiction officielle de tout commentaire sur les évènements tragiques du 4 juin 1989. Les autorités devraient également rendre publique la liste de toutes les personnes encore emprisonnées en lien avec ces évènements et les remettre en liberté. De telles mesures ne suffiront pas à rendre justice aux victimes et à leurs familles, mais elles constitueraient néanmoins un pas significatif vers plus de transparence et de responsabilisation.

L’organisation continue d’appeler à la libération immédiate et sans condition des personnes emprisonnées plus récemment pour avoir réclamé qu’un débat public soit engagé sur les évènements de 1989 ou pour avoir critiqué la politique officielle sur cette question. Parmi ces personnes se trouvent les militants et journalistes dont les noms suivent et qu’Amnesty international considère comme des prisonniers d’opinion :

 Kang Youping, ancien militant syndicaliste, condamné à quinze années de prison en septembre 2004 pour avoir diffusé des articles et poèmes sur internet appelant à une ré-évaluation du mouvement de 1989 en faveur de la démocratie ;
 Li Jianping, dirigeant étudiant lors des manifestations de 1989 en faveur de la démocratie, condamné à deux années de prison en octobre 2006 après avoir été déclaré coupable d’« incitation à la subversion » pour des essais diffusés sur des sites étrangers critiquant le système politique chinois et réclamant plus de démocratie ;
 Shi Tao, qui purge une peine de dix années d’emprisonnement après avoir été déclaré coupable de « divulgation de secrets d’État » en avril 2005. Il avait envoyé à un site web à l’étranger les instructions du Parti communiste aux journalistes sur la manière de traiter le sujet du quinzième anniversaire de la répression.

Amnesty International demande également instamment aux autorités chinoises de cesser le harcèlement policier, la surveillance et les détentions arbitraires de défenseurs pacifiques des droits humains, dont beaucoup ont voulu commémorer la mémoire des victimes de la répression de 1989 et demandent réparation. Parmi eux figurent Hu Jia et son épouse Zeng Jinyan, placés une nouvelle fois en « résidence surveillée » à Pékin, ainsi que Qi Zhiyong, blessé par balle à la jambe au cours de la répression de 1989, sous surveillance policière étroite à Pékin en raison de son action de soutien aux autres victimes handicapées à la suite de la répression

(Source : ASA 17/033/2007)

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