Assassinat d’un leader indigène en Colombie

Le 16 décembre 2008, dans la municipalité de Totoró (département du Cauca), la voiture des dirigeants du Conseil Régional Indigène du Cauca (CRIC) a été attaquée par des membres de la 3ème division de l’armée colombienne. Cette attaque a entraîné la mort d’Erwin Legarda, mari d’Aida Quilcué, la responsable du CRIC. L’OIDH-ACO condamne fermement cette attaque.

Persécution des indigènes
Cet incident s’inscrit dans un contexte de persécution du mouvement indigène. Depuis le mois d’octobre, celui-ci est parvenu à organiser une mobilisation nationale de résistance indigène (Minga). Trois membres de cette Minga sont sous le coup de poursuites judiciaires totalement infondées, un membre de la garde indigène a été arrêté le 14 décembre, deux gouverneurs indigènes Awa du département de Nariño sont maintenus en détention, et un grand nombre de leaders indigènes subissent des mesures constantes de surveillance et de harcèlement.

Aida Quilcué a dirigé l’importante mobilisation indigène d’octobre dans le Cauca, ainsi que la marche menée jusqu’à Bogotá. Elle a tenu des discussions avec le président Uribe ainsi qu’avec des représentants du gouvernement à Bogotá. Le 10 décembre 2008, elle a participé à la session du Conseil des Droits de l’Homme (CDH) des Nations Unies en tant que représentante du mouvement indigène. Elle a saisi l’opportunité de cette rencontre pour condamner, au nom des mouvements sociaux colombiens, les violations des droits humains subies au quotidien en Colombie.

Une condamnation unanime
Au cours de l’Examen Périodique Universel (EPU) de la Colombie par le CDH, 15 pays ont exprimé leurs profondes inquiétudes quant aux attaques subies par les défenseurs des droits humains en Colombie. Une situation qu’illustre à merveille l’attaque du 16 décembre, dirigée contre la principale dirigeante des droits civiques et sa famille, quelques heures à peine après sa participation au débat de l’ONU.

L’assassinat de son mari Edwin Legarda a été condamné par les Nations Unies, par la troika du G24 et par la Présidence de l’Union européenne. Le Gouvernement colombien a promis qu’une enquête rapide et transparente aurait lieu suite à ce crime. Nous espérons qu’il en sera ainsi.

L’OIDH-ACO tient également à rappeler la disparition, le 8 décembre 2008, de Joel Pérez Cárdenas, l’un des fondateurs de la Corporación por la Defensa de Derechos Humanos Caguán Vive, organisation membre du Mouvement National des Victimes de Crimes d’État (MOVICE). Son cadavre fut retrouvé deux jours plus tard, carbonisé et décapité. L’auteur de ce crime n’a pas encore été confirmé. Toutefois, les informations disponibles révèlent que le Meteoro Group de l’armée est arrivé dans la région de la disparition le 8 décembre. Quelques jours plus tôt, dans le même département, 2 membres de l’Institut colombien pour le bien-être de la famille ont été tués en mission, et quatre autres blessés dans une attaque attribuée par les autorités aux FARC.

L’OIDH-ACO appelle au respect du droit à la vie et à l’intégrité physique des défenseurs des droits humains, des leaders de communautés indigènes et de tous les Colombiens. Nous appelons aussi à ce que les auteurs de ces crimes soient punis.

OIDH-ACO, International Office for Human Rights – Action on Colombia, 22 décembre 2008

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