En Colombie, Uribe voit s’éloigner les chances de se représenter en 2010

Le président colombien Alvaro Uribe a vu s’éloigner ses chances d’être réélu pour un troisième mandat consécutif, des membres de sa coalition, qui commence à se fissurer, ayant refusé d’appuyer un référendum constitutionnel l’autorisant à se représenter en 2010.
La commission première de la Chambre des représentants a adopté mercredi un texte rendant seulement possible un référendum constitutionnel autorisant sa candidature en 2014, par 29 voix contre quatre.
Mais les députés ont barré la route à un autre texte qui aurait permis à Alvaro Uribe de se présenter dès 2010, échaudés par le scandale de la faillite de sociétés d’épargne frauduleuse qui a ruiné des centaines de milliers de Colombiens, persuadés que le gouvernement est responsable de leur perte.
Le conservateur Alvaro Uribe, élu en 2002, avait déjà pu se représenter en 2006 grâce à une réforme de la Constitution votée par le Congrès, mais celle-ci n’autorise actuellement que deux mandats.
En août, ses partisans avaient recueilli plus de cinq millions de signatures demandant l’organisation d’un référendum constitutionnel lui permettant de se représenter une troisième fois.
Mais le texte manquait de précision quant à la date possible de la candidature, ce qui a donné lieu à deux mois de discussions de juristes : 2010 ou 2014 ?
Ses partisans proposaient une modification rendant clairement possible une réélection en 2010, et c’est cette proposition qui n’a pas été adoptée mercredi.
L’échec de l’initiative, à laquelle il a manqué trois voix, est lié à l’affaiblissement de la coalition uribiste, une de ses composantes, le parti Cambio Radical, ayant décidé de ne pas l’appuyer.
Il s’explique aussi par le scandale dit de "l’épargne pyramidale", qui a ruiné des centaines de milliers de Colombiens depuis début novembre.
L’épargne pyramidale, frauduleuse, consiste à verser les intérêts promis avec l’argent de nouveaux épargnants.
Début novembre, une de ces sociétés, DRFE, a apparemment mis la clef sous la porte, ruinant des milliers de personnes.
L’opposition a immédiatement accusé les autorités de ne pas avoir agi avec suffisamment de célérité pour mettre fin à la prolifération depuis deux ans de ces officines.
Le 17, le gouvernement a décrété "l’état d’urgence économique et social" et ordonné la fermeture administrative de DMG, une autre compagnie proposant des taux d’intérêt allant jusqu’à 150% en quelques mois, accusée de blanchiment d’argent.
Or DMG, qui a pignon sur rue depuis cinq ans, avait des centaines de milliers de clients jamais floués, qui craignent de ne pas récupérer leurs économies et accusent l’Etat d’avoir injustement fermé l’entreprise.
Deux élus du Parti conservateur représentant les départements de Putumayo (sud) et Narino (sud-ouest), où DMG était très implantée, ont du coup décidé de ne pas appuyer le texte favorisant une candidature d’Uribe en 2010, leurs électeurs estimant que le gouvernement était responsable de leur ruine.
"Il y a eu des scandales de corruption (...), d’espionnage, d’exécutions extra-judiciaires (mettant en cause l’armée, NDLR), mais les difficultés pour Uribe sont finalement arrivées de là où on l’attendait le moins : à cause d’un escroc qui a pu agir en raison de l’inaction du gouvernement", a déclaré à l’AFP le député du Parti libéral (opposition) Alfonso Gomez Mendez.
Un ancien président de la Cour constitutionnelle consulté par l’AFP, Jose Gregorio Hernandez, a estimé que le gouvernement pourrait tenter de présenter le texte devant une session plénière de la Chambre des représentants.
Mais pendant ce temps, à 1.000 km au sud de Bogota, les épargnants ruinés n’avaient cure de ces débats.
Mercredi, 14 personnes ont été blessées dans des troubles entraînés par la fermeture de DMG à Mocoa, capitale du département très pauvre de Putumayo.

Michaëla CANCELA-KIEFFER

(Source : AFP, 27 novembre 2007)

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