Écrire Un journaliste a été attaqué alors qi’il rentrait chez lui

Le 24 septembre, Matiullah Jan, journaliste pakistanais, rentrait chez lui en voiture avec ses deux enfants lorsqu’il a été attaqué par deux hommes en moto qui ont jeté un morceau de parpaing de la taille d’une brique sur sa voiture. L’attaque semble être liée à son travail de journaliste. Il risque d’être attaqué de nouveau.
Matiullah Jan est un journaliste pakistanais qui travaille pour Nawaiwaqt, quotidien rédigé en ourdou, et qui anime un débat politique appelé « Apna apna gareban » sur Waqt News, une chaîne de télévision nationale. Il a été attaqué dans l’après-midi du 24 septembre par deux hommes en moto qui ont jeté un morceau de parpaing de la taille d’une brique sur sa voiture, alors qu’il se dirigeait vers Barakahu, aux abords d’Islamabad. Ses deux enfants se trouvaient à l’arrière de la voiture au moment de l’attaque. Le pare-brise avant de la voiture a volé en éclat, et des morceaux de verre lui sont tombés dessus. Ses deux enfants et lui n’ont pas été blessés.
C’est la deuxième fois que Matiullah Jan est victime d’une telle attaque ; en 2011, son collègue et lui, alors qu’ils travaillaient sur le même article, ont tous deux fait l’objet d’une attaque le même jour. Les deux attaques semblent être liées à son travail de journaliste critique envers les politiques du gouvernement, de l’armée et des services de renseignement du Pakistan. Amnesty International craint que Matiullah Jan ne fasse l’objet d’autres attaques.

Le Pakistan continue d’être un pays dangereux pour les collaborateurs des médias et les défenseurs des droits humains. Des représentants de l’État et d’autres personnes tentent de faire taire la critique par des menaces, des manœuvres d’intimidation, des enlèvements et des homicides. Selon la Fédération internationale des journalistes, cinq journalistes ont été tués au Pakistan en 2016. Le 9 juin 2017, Rana Tanweer, un journaliste du quotidien pakistanais Express Tribune qui s’intéresse principalement aux droits des minorités, notamment à la discrimination contre les ahmadis et à la législation relative au blasphème, a survécu à une tentative d’assassinat. Une voiture a tenté de le renverser à Lahore, capitale du Pendjab – première province du Pakistan. Il a été percuté par l’arrière et éjecté de sa moto. Il a eu la jambe cassée dans l’accident. Le 8 mai 2016, Khurram Zaki, défenseur des droits humains et rédacteur du site Internet Let Us Build Pakistan, a été abattu à Karachi. Il avait mené une campagne contre Maulana Abdul Aziz, imam de la mosquée Lal Masjid (« mosquée rouge ») d’Islamabad, connu pour ses discours anti-chiites et son soutien au groupe armé qui s’est autoproclamé État islamique (EI).
Dans l’immense majorité des cas qu’Amnesty International a examinés, les autorités pakistanaises n’ont pas mené d’enquête rapide, impartiale, indépendante et approfondie sur les atteintes aux droits humains dont des journalistes avaient été victimes. En avril 2014, Hamid Mir, présentateur de Capital Talk, une émission diffusée sur la chaîne de télévision privée Geo News, a été gravement blessé par balle à Karachi, alors qu’il se rendait aux bureaux de la chaîne de télévision. Raza Rumi, un autre journaliste de télévision renommé, a été forcé de fuir le Pakistan en 2014, après que des hommes en moto ont ouvert le feu sur son véhicule, tuant son chauffeur, peu après qu’il eût fini de présenter une émission.
Bien qu’elle garantisse le droit à la liberté d’expression, la Constitution du Pakistan soumet ces libertés à plusieurs restrictions formulées de manière vague, qui sont considérées comme des mesures raisonnables prévues par la loi pour protéger la gloire de l’islam, garantir l’intégrité, la sécurité ou la défense du Pakistan ou de toute partie de son territoire, et maintenir des relations cordiales avec des États étrangers. Ces restrictions vont au-delà de ce que le droit international relatif aux droits humains autorise. Le dernier motif a été utilisé à la suite de la couverture médiatique dont ont fait l’objet la réaction pakistanaise face à l’intervention saoudienne au Yémen en mai 2015 et la bousculade qui a eu lieu en septembre 2015 lors du pèlerinage annuel de La Mecque et a fait plus de 2 000 morts. L’Autorité pakistanaise de réglementation des médias électroniques (PEMRA) a mis en garde les médias contre la diffusion d’informations jugées critiques à l’égard de l’Arabie saoudite. Un avertissement similaire a été formulé en janvier 2016, sur fond de tensions politiques entre l’Arabie saoudite et l’Iran. À chaque fois, la PEMRA a invoqué l’article 19 de la Constitution.
Cinq défenseurs des droits humains ont été victimes d’une disparition forcée en janvier 2017. Quatre d’entre eux ont été libérés trois semaines plus tard. L’un d’entre eux a déclaré avoir été torturé en détention. On ignore toujours ce qu’il est advenu du cinquième, Samar Abbas. De nombreux blogueurs et journalistes ont été forcés de s’autocensurer de crainte d’être pris pour cible. Certains médias et groupes religieux tentent désormais d’établir un lien entre des défenseurs des droits humains et du contenu « blasphématoire » diffusé sur Internet, ce qui est un outil nouveau et particulièrement dangereux pour contrer les dissidents politiques.
Nom : Matiullah Jan
Homme

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