Écrire Un prisonnier d’opinion souffre derrière les barreaux

Huỳnh Trương Ca, prisonnier d’opinion, est détenu dans des conditions qui constituent des violations supplémentaires de ses droits. Il partage avec quatre codétenus une cellule exiguë et dépourvue d’éclairage qu’il ne peut pas quitter, même pour les repas. Il n’en sort qu’une fois par mois, pour les visites de sa famille. Il souffre également de plusieurs problèmes de santé, mais les autorités pénitentiaires refusent de lui fournir les soins médicaux dont il a besoin. Le ministère de la Sécurité publique envisage de le transférer dans un autre établissement, loin de sa ville d’origine. Amnesty International appelle le gouvernement vietnamien et son ministère de la Sécurité publique à libérer Huỳnh Trương Ca immédiatement et sans condition.

Huỳnh Trương Ca, 51 ans, est membre d’un groupe non enregistré appelé Hiến Pháp (littéralement, « Constitution »), qui agit en faveur de la promotion et de la protection des droits fondamentaux garantis par la Constitution vietnamienne de 2013.
Le 4 septembre 2018, il a été arrêté alors qu’il se rendait à Ho Chi Minh-Ville pour participer à une manifestation pacifique. Huit autres membres du groupe ont été appréhendés le même jour.
Avant son arrestation, Huỳnh Trương Ca avait déjà été harcelé et intimidé à plusieurs reprises par des agents de la sécurité publique locale. Les autorités voulaient qu’il « cesse d’utiliser Facebook pour parler des droits humains et critiquer le gouvernement », ce à quoi il s’est refusé.
Le 28 décembre 2018, à l’issue d’un procès inique, le tribunal populaire de la province de Đồng Tháp a condamné Huỳnh Trương Ca à cinq ans et six mois d’emprisonnement pour « propagande contre l’État », au titre de l’article 117 du Code pénal vietnamien de 2015. La famille de Huỳnh Trương Ca a dit à Amnesty International qu’elle était trop pauvre pour engager un avocat afin de le défendre et que les autorités refusaient de lui en commettre un d’office. En vertu du droit vietnamien comme du droit international, les autorités sont tenues de mettre un avocat à la disposition des accusés qui n’ont pas les moyens d’engager un conseil.
Huỳnh Trương Ca est actuellement incarcéré au Centre de détention d’An Bình, à 70 km de chez lui. Sa famille peut lui rendre visite une fois par mois pour lui apporter de la nourriture et des vêtements.
En prison, Huỳnh Trương Ca partage une cellule exiguë et sans éclairage avec quatre codétenus. Ils estiment qu’ils ne peuvent pas la quitter, même pour les repas, car ils ont été menacés de mort par un autre détenu. Huỳnh Trương Ca a confié à ses proches, lors de leur visite du 12 février, qu’un gardien, le 4 février, avait amené dans la cellule un détenu venant d’une cellule différente, qui avait menacé de les tuer s’ils mettaient un pied dehors. Lors de la dernière visite des proches de Huỳnh Trương Ca à la prison, les autorités pénitentiaires les ont informés qu’elles attendaient du ministère de la Sécurité publique une décision ordonnant le transfert de Huỳnh Trương Ca dans un autre établissement. Cependant, elles n’ont pas révélé où celui-ci se trouvait.
Au Viêt-Nam, les autorités soumettent fréquemment les prisonniers d’opinion à un transfert d’établissement, afin qu’il soit plus difficile pour les familles de leur rendre visite et de leur apporter des provisions. Les prisonniers qui viennent du sud sont habituellement transférés dans des établissements situés dans le nord, et inversement.
Indignée par le traitement réservé à son père en prison, la fille de Hunh Trương Ca a décidé d’évoquer son cas sur sa page Facebook personnelle. Les autorités locales l’ont alors convoquée à un poste de police, où on l’a contrainte à déverrouiller son téléphone et à le remettre aux policiers, qui ont effacé tout ce qu’elle avait écrit sur Facebook. La police l’a également menacée, lui interdisant de parler de son père sur les réseaux sociaux et de contacter qui que ce soit pour demander de l’aide dans cette affaire. À l’heure actuelle, plus d’une centaine de prisonniers d’opinion sont détenus au Viêt-nam. Nombre d’entre eux sont victimes d’actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements en détention, notamment de harcèlement, de menaces, d’intimidation ou d’agressions physiques. Les conditions de vie en prison sont très dures ; Amnesty International reçoit souvent des informations de la part de familles de prisonniers d’opinion faisant état d’une alimentation insuffisante, du manque de soins de santé et de l’absence de vêtements adaptés en hiver.

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