Écrire Aucun signe d’un militant des droits humains disparu

On ignore toujours ce qu’il est advenu de Muhammad Idris Khattak, défenseur des droits humains et chercheur indépendant pakistanais, depuis sa disparition forcée le 13 novembre 2019.

La santé de cet homme, qui souffre de diabète et a besoin d’un traitement quotidien, est encore plus menacée en cette période de pandémie de COVID-19, tandis que ses conditions de détention restent inconnues.

N’ayant pu obtenir aucune information sur son sort depuis six mois, ses filles craignent vraiment que Muhammad Idris Khattak ne subisse des actes de torture ou d’autres mauvais traitements.

Idris Khattak a été consultant pour Amnesty International et d’autres ONG internationales de défense des droits humains. Depuis des années, il recueille des informations sur un large éventail de violations des droits humains et de crises humanitaires dans la province de Khyber Pakhtunkhwa et les anciennes zones tribales sous administration fédérale.

Il rentrait d’Islamabad lorsque sa voiture de location a été interceptée près de l’échangeur de Swabi, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa. La seule autre personne qui se trouvait dans le véhicule était le chauffeur, avec lequel il avait déjà effectué de nombreux trajets. Le chauffeur a également été emmené avec Idris Khattak le 13 novembre 2019. La famille d’Idris Khattak n’a appris sa disparition qu’une fois que son chauffeur a été relâché, le 15 novembre 2019 dans la soirée.

Selon les déclarations faites par la famille d’Idris Khattak quand elle a signalé la disparition à la police, quatre hommes en civil ont placé un sac noir sur sa tête et celle de son chauffeur avant de les emmener dans un lieu inconnu.
Les personnes soumises à une disparition forcée risquent d’être torturées et même tuées. Si toutefois elles sont relâchées, elles gardent des séquelles physiques et psychologiques.

La disparition forcée est un instrument de terreur qui frappe non seulement des personnes et des familles mais aussi des sociétés entières. C’est pour cette raison qu’elle est un crime de droit international et que, si elle s’inscrit dans le cadre d’attaques généralisées et systématiques, elle constitue alors un crime contre l’humanité.

Au Pakistan, la disparition forcée sert à museler la dissidence et les critiques qui s’opposent aux politiques militaires. Les personnes visées collectivement ou individuellement par les disparitions forcées sont notamment des membres des groupes ethniques sindhi, baloutche et pachtoune et de la communauté chiite, des militant·e·s politiques, des défenseur·e·s des droits humains, des membres et sympathisant·e·s de groupes religieux et nationalistes, ainsi que des membres présumés de groupes armés ou encore d’organisations religieuses ou politiques interdites au Pakistan.

Amnesty International a reçu des informations faisant état de disparitions forcées et de détentions arbitraires de dissident·e·s, d’étudiant·e·s et d’autres personnes dans le pays tout au long de l’année 2019.

En janvier 2019, le dissident politique Ahmad Mustafa Kanju a été victime d’une disparition forcée à son domicile, à Rahim Yar Khan (province du Pendjab). En octobre 2019, Suleman Farooq Chaudhry, un étudiant de troisième cycle en ingénierie qui critiquait le gouvernement sur les réseaux sociaux a été emmené alors qu’il se trouvait dans la banlieue d’Islamabad. Les familles de ces deux hommes ignorent toujours où ils sont.

Selon la Convention internationale sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, on entend par disparition forcée « l’arrestation, la détention, l’enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l’État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l’autorisation, l’appui ou l’acquiescement de l’État, suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi ».

Le gouvernement actuel, dirigé par Imran Khan, a promis d’ériger en infraction les disparitions forcées, mais aucun projet de loi en ce sens n’a été ne serait-ce que présenté au Parlement. Shireen Mazari, ministre des Droits humains, a également déclaré que le gouvernement voulait signer la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Cependant, aucun progrès n’a été enregistré à cet égard. La pratique de la disparition forcée perdure en toute impunité dans le pays.

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