Écrire Un enseignant organisateur d’une manifestation arrêté par la police

Le 16 mai 2020, des membres armés de l’Asayish et de la police locale sont entrés chez l’enseignant et militant Badal Abdulbaqi Aba Bakr à Duhok, dans la région du Kurdistan irakien, et l’ont arrêté sans mandat.

Il est accusé d’« utilisation abusive de dispositifs électroniques » en raison de sa participation à l’organisation de manifestations pacifiques au moyen de plateformes de réseaux sociaux, et maintenu en détention.

Sa famille ne peut pas lui rendre visite en raison des mesures liées à la pandémie de COVID-19, et elle n’a pas pu le contacter directement. Il a seulement pu voir son avocat.

Badal Abdulbaqi Aba Bakr Barwari travaille comme enseignant à Duhok depuis plus de 27 ans et il milite pour la défense des droits des enseignants, ces derniers temps au sujet des retards de versement des salaires des enseignants dans la RKI.

Le 16 mai 2020, des enseignants et des fonctionnaires ont essayé de se réunir dans le parc Azadi à Duhok pour protester contre les retards de versement des salaires par les autorités de la RKI. Des manifestants ont dit à Amnesty International que les forces de sécurité ainsi que des hommes armés en civil ont empêché les manifestants d’atteindre le parc et ont immédiatement commencé à les pousser et à traîner certains d’entre eux pour les éloigner du rassemblement. Au moins 167 manifestants, parmi lesquels figurent des enseignants, des fonctionnaires et des professionnels des médias, ont été arrêtés. La plupart d’entre eux ont été libérés le jour même, mais Badal Barwari et au moins 12 autres personnes ont été maintenus en détention. Parmi ces 12 personnes, cinq sont toujours détenues, car les autorités locales les ont inculpées au titre de l’article 2 de la Loi n° 6 de 2008 de la RKI pour « utilisation abusive de dispositifs électroniques » en raison de leur participation à l’organisation de la manifestation.

Le 12 mai, ces organisateurs de la manifestation, qui incluent Badal Abdulbaqi Aba Bakr Barwari, avaient demandé aux autorités locales de Duhok l’autorisation d’organiser une manifestation, conformément aux dispositions de la Loi n° 17 de 2010 de la RKI. Ils n’avaient cependant pas reçu de réponse. Or, la loi prévoit que l’autorisation est automatiquement accordée en cas de demande déposée 48 heures à l’avance, même si les autorités ne répondent pas.

Amnesty International a par le passé rassemblé des informations sur des cas de dispersion violente et d’arrestations massives et préventives de manifestants dans la RKI et en particulier dans le gouvernorat de Duhok. En janvier 2019, des membres de l’Asayish ont procédé à de nombreuses arrestations dans le gouvernorat de Duhok, qui ont touché plusieurs dizaines de manifestants, de militants, de journalistes et de simples passants probablement. Des membres de l’Asayish ont également arrêté un journaliste et deux cybermilitants dans le secteur de Baadre (gouvernorat de Duhok), qui, selon leurs proches, étaient en route pour Duhok, où ils voulaient participer à un rassemblement pacifique.

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