Écrire Inculpation d’une défenseure des droits humains bareïnite.

La défenseure bahreïnite des droits humains Ebtisam al Saegh a été inculpée le 18 juillet par le département en charge des crimes terroristes de s’être servie d’activités en faveur des droits humains comme couverture pour communiquer à la Fondation Al Karama des informations et de fausses nouvelles sur la situation à Bahreïn. Elle a été placée en détention pour six mois, dans l’attente de l’achèvement de l’enquête. Ebtisam al Saegh est une prisonnière d’opinion.
La défenseure des droits humains Ebtisam al Saegh a été accusée le 18 juillet, en présence d’un avocat, par le département en charge des crimes terroristes, de « s’être servie d’activités en faveur des droits humains comme couverture pour communiquer et coopérer avec la Fondation Al Karama en vue de lui fournir des informations et de fausses nouvelles sur la situation à Bahreïn afin de nuire à son image à l’étranger ». Elle a été placée en détention pour six mois, dans l’attente de l’achèvement de l’enquête.
Le 15 juillet, l’éminent défenseur des droits humains et prisonnier d’opinion Nabeel Rajab a déclaré à sa famille qu’il avait vu Ebtisam al Saegh sur une civière au centre médical du ministère de l’Intérieur à al Qalaa (La Citadelle), à Manama, et avait demandé si elle avait été victime d’un accident de voiture. Il ignorait qu’elle avait été arrêtée. Le lendemain, l’époux d’Ebtisam al Saegh a reçu un appel du centre de détention pour femmes de Madinat Isa, en périphérie de Manama, lui demandant de lui apporter des vêtements propres. Il a pu la voir pendant quelques minutes. Elle était en fauteuil roulant.
Ebtisam al Saegh a été arrêtée le 3 juillet après avoir tweeté un message dénonçant les violences infligées aux femmes détenues au centre de détention de Madinat Isa. Elle poursuit une grève de la faim depuis lors, pour protester contre son arrestation, le fait qu’elle ne peut pas communiquer avec sa famille et que son avocat n’a pas été autorisé à assister à ses interrogatoires malgré de multiples demandes. Son interrogatoire s’est déroulé dans un lieu tenu secret, en dehors des centres de détention. En dehors des interrogatoires, elle est détenue à l’isolement au centre de détention de Madinat Isa. En mai, elle a été torturée et notamment victime d’agressions sexuelles. Amnesty International estime que son arrestation est liée à son travail en faveur des droits humains.

Ebtisam al Saegh, 48 ans, est une défenseure des droits humains bahreïnite qui travaille pour l’ONG bahreïnite Salam for Democracy and Human Rights (SALAM DHR). Elle a été arrêtée le 3 juillet à 23 h 45 : environ 25 agents masqués en tenue civile, disant appartenir à la Direction des enquêtes criminelles (CID), ont effectué une descente à son domicile à Jid Ali, au sud de Manama. Ils n’ont pas présenté de mandat d’arrêt. Les agents lui ont confisqué son téléphone portable et sa carte d’identité nationale, et l’ont emmenée avec eux. Elle a été autorisée à emporter ses médicaments. Le jour de son arrestation, elle avait tweeté au sujet des mauvais traitements infligés par l’Agence nationale de sécurité (ASN) aux femmes et des abus dont sont victimes les détenues du centre de détention pour femmes de la ville d’Isa, tenant le roi de Bahreïn pour responsable de ces agissements.
Le 10 juillet dans la soirée, lors d’un interrogatoire, l’état de santé d’Ebtisam al Saegh s’est dégradé. Elle a souffert d’arythmie cardiaque (battements de cœur irréguliers), d’une perte de sensibilité dans la main gauche, d’une chute de sa glycémie et de sa tension artérielle, ainsi que d’un gonflement de l’estomac dû au syndrome du côlon irritable. Elle a été emmenée à l’hôpital du ministère de l’Intérieur à al Qalaa pour y recevoir des soins. Le personnel médical lui a fait passer un électrocardiogramme et administré des solutés intraveineux, notamment du glucose afin de faire remonter sa glycémie, avant de la renvoyer. Elle a alors été de nouveau emmenée pour être interrogée. D’après les informations dont dispose Amnesty International, elle est chaque jour interrogée pendant 12 à 13 heures, par des agents de l’ASN, dans un lieu tenu secret. Après chaque séance d’interrogatoire, elle est ramenée à l’isolement au centre de détention pour femmes de Madinat Isa.
Quelques semaines plus tôt, le 26 mai, l’ASN avait interrogé Ebtisam al Saegh dans son bâtiment d’al Muharraq. D’après ses déclarations, dès son arrivée, on lui a bandé les yeux et dans les heures qui ont suivi, elle a subi des agressions sexuelles, reçu des coups sur tout le corps, des coups de pied dans l’estomac et été forcée de rester debout durant quasiment les sept heures qu’a duré son interrogatoire. On lui a posé des questions au sujet de Duraz, où les forces de sécurité ont attaqué des manifestants le 23 mai et tué cinq personnes, au sujet d’autres défenseurs des droits humains qu’elle connaît, et de sa participation au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève en mars, où elle a évoqué les violations commises à Bahreïn. Les agents lui ont ordonné de cesser toutes ses activités de défense des droits humains sans quoi elle serait de nouveau prise pour cible. L’ASN a laissé Ebtisam al Saegh repartir vers 23 heures, en état de choc. Elle a été hospitalisée et a reçu un traitement pour une dépression nerveuse. Pour plus d’informations, veuillez consulter le document d’Amnesty International (en anglais) : Woman Human Rights Defender tortured and sexually assaulted as Bahrain renews campaign to silence peaceful critics, 31 mai 2017 : https://www.amnesty.org/en/documents/mde11/6392/2017/en/
Depuis juin 2016, les autorités bahreïnites intensifient la répression exercée contre ceux qu’elles considèrent comme opposés au gouvernement. Des dizaines de défenseurs des droits humains et de militants politiques se sont vu interdire de se rendre à Genève, en Suisse, ou en ont été empêchés par les autorités bahreïnites alors qu’ils devaient participer à des sessions du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Récemment, fin avril 2017, peu avant la session d’examen du bilan de Bahreïn en matière de droits humains à l’ONU, à Genève, le 1er mai, au moins 32 opposants présumés du gouvernement ont été convoqués pour un interrogatoire par le parquet et la majorité d’entre eux ont été accusés d’avoir participé à un « rassemblement illégal à Duraz ».
La Fondation Alkarama est une organisation non gouvernementale (ONG) basée en Suisse, qui défend les personnes victimes de violations des droits humains dans le monde arabe. En novembre 2014, les Émirats arabes unis ont publié une liste d’organisations et de groupes désignés en tant que terroristes, dont cette fondation.
Nom : Ebtisam al Saegh
Femme

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