Écrire Des membres de Peacock Generation à nouveau condamnés

Quatre membres de Peacock Generation, une troupe de poésie satirique du Myanmar, ont été condamnés à de nouvelles peines d’emprisonnement après avoir été déclarés coupables de « diffamation en ligne ». Ils font partie d’un groupe de sept membres de Peacock Generation contre lesquels des poursuites ont été engagées au titre de célèbres lois répressives, après des performances pacifiques au cours desquelles ils ont critiqué l’armée.

Six d’entre eux sont actuellement incarcérés, purgeant maintenant des peines d’emprisonnement d’une durée allant d’un an et six mois à deux ans et six mois.

Ces personnes sont des prisonniers d’opinion et doivent par conséquent être libérées immédiatement et sans condition.

Sept membres de Peacock Generation - Kay Khine Tun (f), Zayar Lwin (h), Paing Pyo Min (h), Paing Ye Thu (h), Zaw Lin Htut (h), Su Yadanar Myint (f) et Nyein Chan Soe (h) - ont été arrêtés en avril et mai 2019 après avoir interprété une œuvre de thangyat, un art de la scène traditionnel proche du slam. Ils étaient vêtus d’uniformes militaires et critiquaient la tatmadaw, l’armée.

Des membres du groupe ont été poursuivis au titre de diverses dispositions législatives devant plusieurs tribunaux à Yangon (ex-Rangoon), la plus grande ville du Myanmar, et six d’entre eux purgent actuellement des peines d’emprisonnement. Le 30 octobre 2019, cinq membres de la troupe - Kay Khine Tun, Zayar Lwin, Paing Pyo Min, Paing Ye Thu et Zaw Lin Htut - avaient été condamnés au titre de l’article 505(a) du Code pénal à 12 mois d’emprisonnement pour une performance de poésie satirique dans l’arrondissement de Mayangon, à Yangon.

L’article 505(a) interdit de diffuser des déclarations et des informations dans l’intention d’inciter des officiers ou des soldats de l’armée du Myanmar à se rebeller, ou à se soustraire ou faillir à leur devoir en quelque autre façon. Le 18 novembre, le tribunal de l’arrondissement de Botahtaung, à Yangon, a condamné six membres de la troupe (Kay Khine Tun, Zayar Lwin, Paing Pyo Min, Paing Ye Thu, Zaw Lin Htut et Su Yadanar Myint) à 12 mois d’emprisonnement, également au titre de l’article 505(b). Nyein Chan Soe a quant à lui été mis hors de cause et libéré.

Pour ce qui est des dernières condamnations en date, quatre des membres de la troupe (Zay Yar Lwin, Paing Phyo Min, Su Yadanar Myint et Paing Ye Thu) ont été déclarés coupables de « diffamation en ligne » au titre de l’article 66(d) de la Loi de 2013 relative aux télécommunications et condamnés à six mois d’emprisonnement. Ce chef d’accusation renvoyait au fait qu’ils avaient mis en ligne des photos et vidéos et diffusé en direct leurs spectacles sur Facebook. Ces sept membres de la troupe sont de plus poursuivis pour « diffamation en ligne » au titre de l’article 66(d) de la Loi de 2013 relative aux télécommunications devant le tribunal de l’arrondissement de Botahtaung. L’article 66(d) prévoit une peine maximale de deux ans d’emprisonnement.

Le thangyat est un art centenaire du Myanmar qui mêle poésie, comédie et musique ; des représentations ont habituellement lieu en avril pendant la Fête de l’eau du Nouvel an, ainsi qu’à d’autres occasions festives. Interdites en 1989 par la junte militaire, les représentations publiques de thangyat ont à nouveau été autorisées en 2013. En mars 2019, à l’approche de la Fête de l’eau, les autorités de Yangon ont demandé aux troupes de thangyat de soumettre les paroles de leurs spectacles à une commission gouvernementale pour validation.

Les autorités du Myanmar continuent à arrêter et à emprisonner des militant.es et des défenseur.es des droits humains n’ayant fait qu’exercer pacifiquement leur droit à la liberté d’expression, garanti par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH). Amnesty International est préoccupée par un certain nombre de dispositions législatives du Myanmar qui restreignent arbitrairement ce droit, notamment l’article 505 du Code pénal et l’article 66(d) de la Loi de 2013 relative aux télécommunications.

Action terminée

Toutes les infos
Toutes les actions

Grèce. Il faut des soins de santé aux migrants et à leurs enfants !

Pétition pour demander l’accès aux soins de santé aux personnes migrantes, aux demandeurs d’asiles et à leurs enfants en Grèce. Apportez votre voix, signez en ligne !