Écrire Un militant kurde a besoin de soins médicaux urgents

Le défenseur des droits du travail détenu Bakhtiar Rahimi, de la minorité kurde iranienne, a été arrêté le 27 novembre 2019 à Marivan, dans la province du Kurdistan.
Bakhtiar Rahimi souffre de problèmes cardiaques et rénaux pour lesquels il a besoin de soins médicaux quotidiens.
Il n’a pas eu la possibilité de consulter un avocat et n’a été autorisé à passer qu’un bref coup de téléphone à sa famille depuis son arrestation.

À la suite des manifestations qui ont éclaté dans tout le pays le 15 novembre 2019, les autorités iraniennes ont exercé une répression meurtrière, tuant au moins 304 personnes, selon des informations crédibles recueillies par Amnesty International, et arrêtant des milliers de manifestants, ainsi que des journalistes, des défenseurs des droits humains et des étudiants. Divers représentants du gouvernement, notamment le Guide suprême et le responsable du pouvoir judiciaire, ont qualifié les manifestants de « scélérats » et d’« émeutiers », et les ont associés à des puissances étrangères. Les médias étatiques réclament la peine de mort contre les « meneurs » du mouvement.

Amnesty International estime que, sous couvert de sécurité nationale, les autorités iraniennes se servent des manifestations de manière opportuniste pour arrêter de nombreux membres de minorités ethniques, dont des défenseurs des droits humains comme Bakhtiar Rahimi. Plusieurs sources indépendantes ont déclaré que les arrestations se poursuivent, notamment dans les provinces à forte population de minorités ethniques comme le Kurdistan.

Les recherches d’Amnesty International montrent que pendant les manifestations et dans les jours et les semaines qui ont suivi, les autorités iraniennes ont placé des personnes en détention au secret et les ont soumises à des actes de torture et autres mauvais traitements. Dans des dizaines de cas signalés à Amnesty International, les détenus ont peu ou pas de contact avec leurs familles depuis leur arrestation et certains sont détenus dans des conditions qui s’apparentent à une disparition forcée. Des familles ont déclaré qu’elles se sont rendues au poste de police, au bureau du procureur, au tribunal révolutionnaire, dans des prisons et d’autres centres de détention pour rechercher leurs proches, qui ont « disparu », mais se heurtent à un mur de silence. Selon des récits de témoins et des vidéos authentifiées par Amnesty International, certains détenus sont soumis à des actes de torture et à d’autres mauvais traitements, notamment des coups, de poing, de pied, et de fouet. Pour en savoir plus, veuillez consulter : https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2019/12/iran-thousands-arbitrarily-detained-and-at-risk-of-torture-in-chilling-post-protest-crackdown/.

Bakhtiar Rahimi a déjà passé près d’une année en détention sans jugement à la section 209 de la prison d’Evin, sous contrôle du ministère du Renseignement. Il avait été arrêté en 2008 en raison de ses activités militantes en faveur des droits du travail et de son soutien aux syndicats.

Le droit international pose l’interdiction absolue des disparitions forcées et précise qu’aucune circonstance exceptionnelle ne peut être invoquée comme justification. Les victimes de disparition forcée sont coupées du monde extérieur et savent que leurs proches n’ont aucune idée d’où elles se trouvent, ignorant même si elles sont encore en vie. Elles sont placées en dehors de la protection de la loi, privées de leur droit à une représentation juridique ou à un procès équitable, et bien souvent exposées à un risque accru de torture et de mauvais traitements. Les disparitions forcées ont aussi des effets profonds sur les proches et les amis des victimes, souvent contraints d’attendre dans l’angoisse avant de découvrir ce qu’il est advenu de leurs proches, ce qui équivaut à une forme de mauvais traitements.

Les minorités ethniques en Iran, notamment les Arabes ahwazis, les Turcs azerbaïdjanais, les Baloutches, les Kurdes et les Turkmènes, sont en butte à une discrimination bien ancrée, qui restreint leur accès à l’éducation, à l’emploi et à un logement décent. La négligence économique de régions où la population est largement composée de minorités aggrave la pauvreté et la marginalisation. La langue persane est l’unique langue d’enseignement de l’éducation primaire et secondaire en Iran.

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