Écrire Des milliers de personnes ont besoin d’une protection urgente

En Colombie, 2 250 personnes appartenant à des communautés indigènes et afro-colombiennes de la municipalité de Bojayá, dans le département du Chocó (ouest de la Colombie), sont assiégées par la guérilla de l’Armée de libération nationale (Ejército de Liberación Nacional, ELN) et par les groupes paramilitaires des Forces d’autodéfense Gaitanistas de Colombie (Autodefensas Gaitanistas de Colombia), qui les empêchent d’avoir accès à la nourriture et à des services de santé de première nécessité. Le 17 novembre, le bureau du médiateur a signalé que ces groupes armés menacent les dirigeants de communautés opposés à leur présence dans ce secteur, et qu’ils ont posé des mines antipersonnel dans les zones de couverture téléphonique. Nous demandons aux autorités colombiennes de mettre en place un plan de protection exhaustif afin de protéger les droits des communautés de la municipalité de Bojayá.

Partout dans l’État du Chocó, les communautés indigènes et afro-colombiennes sont victimes de graves violations des droits humains dans le cadre du conflit qui sévit depuis de nombreuses années en Colombie ; des massacres, des déplacements forcés et d’autres graves violations des droits humains sont perpétrés par la guérilla, les groupes paramilitaires et l’armée.
En 2002, le bureau du médiateur a émis plusieurs alertes, mettant en garde contre l’absence de protection des populations indigènes et afro-colombiennes dans la municipalité de Bojayá, et contre la réaction inadéquate de l’État, qui ont placé ces communautés dans une situation dangereuse du fait de la présence des ex-FARC. Le 2 mai 2002, un massacre appelé « massacre de Bojayá » a marqué le début d’une des pages les plus violentes de l’histoire de la Colombie, les affrontements entre les FARC et des groupes paramilitaires ayant fait des milliers de victimes. L’inaction de l’État, à l’époque, a été considérée comme un facteur essentiel des conditions ayant favorisé les violations des droits humains subies par les personnes vivant dans les zones touchées par le conflit armé.
En 2017, Amnesty International a publié un rapport attirant l’attention sur le climat d’exclusion, d’abandon et d’absence de visibilité de ce territoire, qui découle de la politique des autorités colombiennes et renforce la vulnérabilité de ces communautés, en l’absence de réaction adéquate de la part des institutions de l’État dont l’intervention se borne à une simple riposte militaire.
Le 24 avril 2019, Amnesty International a lancé une action urgente signalant que quelque 7 000 personnes appartenant aux communautés indigènes et afro-colombiennes de Bojayá, dans le Chocó étaient exposées au risque de subir des déplacements forcés et de perdre la vie en raison de l’intensification, sur leur territoire, des hostilités entre la guérilla Armée de libération nationale (Ejército de Liberación Nacional, ELN) et le groupe paramilitaire Forces d’autodéfense Gaitanistas de Colombie (Autodefensas Gaitanistas de Colombia, AGC).
Le 18 octobre 2019, le bureau du médiateur colombien a signalé que les groupes armés de l’ELN et des AGC continuaient de mener des opérations dans la municipalité de Bojayá, et qu’au moins 2 250 personnes appartenant à des communautés indigènes et afro-colombiennes étaient en situation de confinement forcé et en danger de mort. Cela a été confirmé le 17 novembre 2019 par plusieurs organisations ethniques et territoriales du Chocó et du diocèse de Quibdó, qui ont adressé une lettre ouverte au président Duque, dans laquelle ils exposaient les violations des droits humains que les populations du Chocó subissent, et les dangers auxquels elles étaient confrontées. Ces organisations ont aussi demandé la mise en œuvre de l’accord de paix, en particulier en ce qui concerne les points liés à la protection des communautés indigènes.

LIEN VERS L’AU PRÉCÉDENTE : https://www.amnesty.org/fr/documents/amr23/0230/2019/fr/

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