Écrire Des prisonniers d’opinion condamnés à de lourdes peines de prison

Le 12 novembre, un tribunal militaire russe a déclaré Emir-Ousseïn Koukou, un défenseur des droits humains tatar de Crimée, ainsi que ses cinq coaccusés, coupables de charges forgées de toutes pièces.

À l’issue d’un long procès inéquitable, ils ont été condamnés à des peines de prison d’une durée comprise entre sept et 19 ans.

Emir-Ousseïn Koukou et ses coaccusés sont des prisonniers d’opinion ; en tant que tels, ils doivent être libérés immédiatement et sans condition.

La Crimée est passée sous contrôle russe à la suite des événements de février-mars 2014, lorsque la Russie a envoyé ses troupes pour occuper la péninsule et organisé un « référendum » pour justifier l’annexion de ce territoire en violation du droit international.

Les Tatars de Crimée sont un peuple autochtone de Crimée qui, avant l’occupation, représentait environ 12 % de la population de la péninsule. De nombreux membres influents de la minorité tatare de Crimée sont parmi les opposants les plus farouche à l’occupation russe. Les autorités de facto ont considéré cette communauté tout entière comme déloyale et l’ont soumise à des représailles, comme elles l’ont fait avec d’autres personnes qui avaient exprimé des critiques.

Des médias indépendants ont été contraints à cesser leurs activités. Des militant.es favorables à l’Ukraine ont été poursuivis sur la base de chefs d’accusation forgés de toutes pièces, par exemple pour « extrémisme » ou « terrorisme ».

Certains ont été portés disparus ; des éléments présents dans plusieurs cas laissent fortement à penser que ces personnes ont été soumises à une disparition forcée par les autorités de facto ou par des paramilitaires agissant pour leur compte.

Emir-Ousseïn Koukou est l’un des défenseurs tatars des droits fondamentaux les plus renommés en Crimée. Il a été harcelé à maintes reprises et, lors de son arrestation, il a été roué de coups par des agents du Service fédéral de sécurité (FSB) russe. Sa femme et ses enfants ont également été menacés.

Emir-Ousseïn Koukou a été arrêté le 11 février 2016 et inculpé d’« organisation des activités d’un groupe terroriste » pour ses liens présumés avec Hizb ut Tahrir, un mouvement islamique considéré comme « extrémiste » et interdit en Russie, mais pas en Ukraine. Emir-Ousseïn Koukou nie tout lien avec ce mouvement. Les accusations portées contre lui et ses coaccusés reposent sur des conversations enregistrées - obtenues secrètement et qui auraient été trafiquées -, ainsi que sur des déclarations de « témoins secrets » et de policiers russes, qui sont selon les accusés de faux témoignages.

Lorsque l’enquête a pris fin en décembre 2017, Emir-Ousseïn Koukou et ses coaccusés ont été transférés depuis la Crimée sous occupation russe vers la ville de Rostov-sur-le-Don (sud-ouest de la Russie), en violation du droit international humanitaire. Depuis lors, ils ont été traduits devant un tribunal militaire, ce qui constitue également une violation de leur droit à un procès équitable.

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