Écrire Risque d’extradition vers la Russie pour un témoin de Jéhovah

Nikolaï Makhalitchev a été arrêté le 21 février à Haradok, dans le nord-est du Bélarus, et risque désormais d’être extradé à tout moment vers la Russie.

Ce témoin de Jéhovah doit répondre d’accusations infondées d’« extrémisme » en Russie, et encourt des années d’emprisonnement. Il risque aussi d’être victime d’actes de torture et d’être jugé dans le cadre d’un procès inique.

Nikolaï Makhalitchev doit être immédiatement libéré et bénéficier d’une protection internationale.

Après que plusieurs tribunaux russes ont arbitrairement qualifié des groupes locaux de témoins de Jéhovah d’organisations « extrémistes », la Cour suprême russe a estimé en avril 2017 que l’organisation centrale des témoins de Jéhovah en Russie devait être fermée, ses activités suspendues et ses biens confisqués. Depuis lors, toute activité religieuse des témoins de Jéhovah est considérée comme illégale en Russie.

Des informations judiciaires ont été ouvertes contre Nikolaï Makhalitchev et deux autres témoins de Jéhovah résidant à Ouraï, dans le district autonome des Khanty-Mansis, en Sibérie occidentale, en janvier 2019. Ils étaient accusés d’« organisation des activités d’un groupe extrémiste » en vertu de l’article 282.2 (1) du Code pénal de Russie, une infraction passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison. Quelques mois plus tard, Nikolaï Makhalitchev a été accusé d’une autre infraction, le « financement d’activités extrémistes », en vertu de l’article 282.3 (1) du Code pénal.

Nikolaï Makhalitchev n’a jamais occupé de fonction officielle au sein des témoins de Jéhovah en Russie. Selon son porte-parole, il n’était qu’un fidèle qui participait à leurs cérémonies religieuses. Durant l’enquête le visant, Nikolaï Makhalitchev a été placé sur une liste d’individus recherchés dans plusieurs États. Ceci a mené à son arrestation et à son incarcération au Bélarus.

Amnesty International considère les poursuites engagées contre les témoins de Jéhovah en Russie comme une mesure arbitraire et discriminatoire, ainsi qu’une violation du droit à la liberté de religion. L’organisation demande aux autorités russes d’annuler les décisions judiciaires ayant érigé en infraction les enseignements et pratiques des témoins de Jéhovah.

Amnesty International souligne aussi systématiquement que la législation relative à la lutte contre l’extrémisme en Russie est souvent appliquée de manière arbitraire et invoquée dans le but de réprimer la dissidence, notamment politique. L’organisation a demandé aux autorités de la réévaluer et de garantir le respect des droits humains en droit et en pratique.

Amnesty International considère que Nikolaï Makhalitchev et tous les autres témoins de Jéhovah privés de leur liberté au seul motif de leur exercice pacifique du droit à la liberté de religion sont des prisonniers et prisonnières d’opinion (voir https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2019/02/russia-the-authorities-must-release-danish-prisoner-of-conscience-jehovahs-witness-dennis-christensen/).

Ces personnes doivent être libérées immédiatement et sans condition, leurs condamnations doivent être annulées et toutes les charges retenues contre elles doivent être abandonnées.

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