Écrire Un défenseur des droits humains condamné à 12 ans de prison

Huang Qi, fondateur et directeur de « 64 Tianwang », un site Internet sichuanais consacré aux droits humains, a été condamné le 29 juillet à une peine de 12 ans de prison après avoir été jugé en secret en janvier 2019.

La sévérité de sa sentence aurait pour but de dissuader d’autres militants qui s’efforcent de rendre compte des violations des droits humains.

Huang Qi souffre toujours de graves problèmes de santé. Il ne peut pas communiquer avec sa famille ni l’avocat de son choix, ce qui l’expose à un grave risque de torture ou d’autres mauvais traitements.

Créé en 1998 par Huang Qi et son épouse Zeng Li, « 64 Tianwang » est l’un des rares sites Internet de Chine continentale qui recueille des informations sur les manifestations de « pétitionnaires » dans ce pays. La majorité des personnes qui contribuent au site étaient « pétitionnaires » avant de devenir journalistes citoyens et de couvrir les manifestations et les arrestations d’autres « pétitionnaires ».

Des faits relatifs à des mauvais traitements ont été signalés tout au long de la détention de Huang Qi. Récemment, le 23 octobre 2018, il a déclaré à son avocat que les médecins et les agents du centre de détention fournissaient de faux rapports concernant sa tension artérielle, remettant en cause la gravité de ses problèmes de santé. Auparavant, le 28 juillet 2017, Huang Qi a déclaré à son avocat que des policiers lui avaient ordonné de rester debout pendant plusieurs heures d’affilée et l’avaient interrogé à maintes reprises et fréquemment insulté, depuis son arrestation fin 2016. Le 3 novembre 2017, il a déclaré qu’il avait été frappé par d’autres détenus au centre de détention de la ville de Mianyang, dans la province du Sichuan, entre le 24 et le 26 octobre, et qu’au moins un des gardiens du centre était au courant.

Au fil des ans, Huang Qi et d’autres personnes contribuant au site « 64 Tianwang » ont été arrêtés ou harcelés par les autorités chinoises à plusieurs reprises. Huang Qi a été emprisonné deux fois. Il a d’abord été placé en détention en juin 2000, à l’occasion du 11e anniversaire de la répression de Tiananmen, avant d’être condamné à cinq ans d’emprisonnement en mai 2003 pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État ». Il a été de nouveau emprisonné pendant trois ans après avoir dénoncé le scandale de la construction de bâtiments ne respectant pas les normes, à la suite du séisme qui a secoué le district de Wenchuan, au Sichuan, en 2008.

D’après « 64 Tianwang », il est arrivé plus de 100 fois que leurs journalistes citoyens soient interrogés ou placés brièvement en détention depuis que le président Xi Jinping a pris ses fonctions en 2012, et au moins 30 d’entre eux ont été incarcérés ou placés en détention pénale. Dix journalistes de « 64 Tianwang » se trouvent actuellement derrière les barreaux : Wang Jing, Zhang Jixin, Li Min, Sun Enwei, Li Chunhua, Wei Wenyuan, Xiao Jianfang, Li Zhaoxiu, Chen Mingyan et Wang Shurong.

Les avocats de Huang Qi ont également été victimes de représailles de la part des autorités. Sui Muqing, avocat basé à Guangzhou, a été radié du barreau en février 2018 à la suite d’une notification envoyée par le département provincial de la Justice de Guangdong. Cet avocat, qui avait défendu Huang Qi, pense que cette sanction est liée au fait qu’il représente des défenseurs des droits humains. Un autre avocat de Huang Qi, Liu Zhengqing, a également été radié du barreau en janvier 2019.

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