La place d’AHMED SAMIR SANTAWY, étudiant égyptien en Autriche, n’est pas en prison !

Ahmed Samir Santawy Egypte

Étudiant en Autriche, Ahmed Samir Santawy a été arrêté le 1er février dernier dans son pays d’origine, l’Égypte, et est depuis lors maintenu en détention. Le 22 juin 2021, il a été condamné à 4 ans de prison. Sa compagne belge, Souheila Yildiz, l’attend. Il n’a rien à faire en prison.

UPDATE 01/08/2022 : De bonnes nouvelles ce week-end ! Ahmed Samir a pu quitter la prison samedi. Juste après avoir reçu une grâce présidentielle le vendredi. On ignore pour l’instant si sa libération est assortie de conditions. Ce qui est clair, c’est qu’Ahmed Samir n’aurait pas dû passer un seul jour en prison. Merci à tous ceux et celles qui ont agi en son nom !

DES VACANCES À LA PRISON, IL N’Y A QU’UN PAS

Ahmed Samir Santawy, âgé de 29 ans, est étudiant en Master de sociologie et d’anthropologie à l’Université d’Europe centrale de Vienne en Autriche. Il a notamment mené des recherches sur les droits sexuels et reproductifs en Égypte dans le cadre de ses études.

Le 1er février 2021, alors qu’il était en visite en Égypte (son pays d’origine) pour rendre visite à sa famille, il a été arrêté par les autorités.

Voilà comment cela s’est passé. Le 23 janvier 2021, au milieu de la nuit, des agents masqués et lourdement armés ont fait irruption au domicile de ses parents, sans mandat de perquisition. Ahmed n’était pas présent à ce moment-là. Son père et son frère ont été interrogés et il a été ordonné à Ahmed de se présenter au poste de police. Quelques jours plus tard, le 1er février, Ahmed s’est présenté de lui-même à la police. Son père, qui l’accompagnait, ne l’a jamais vu ressortir du poste ce jour-là et aucune information ne lui a été communiquée.

Ahmed a été victime de disparition forcée pendant 5 jours, pendant lesquels il dit avoir été battu durant des interrogatoires. Les autorités l’ont principalement interrogé sur ses travaux de recherche universitaire sur les droits des femmes, l’avortement et l’islam. Ils l’ont également interrogé sur le groupe Facebook « Révolutionnaires du 25 janvier », où étaient publiées des critiques quant au bilan des autorités en matière de droits humains.

Le 6 février, il a été amené devant la Cour suprême de sûreté de l’État, où il a été interrogé sur des accusations liées au terrorisme, sur la base d’enquêtes secrètes de l’Agence de sécurité nationale que ni Ahmed Samir Santawy ni ses avocats ont été autorisés à examiner. Il a ensuite été maintenu en détention provisoire plusieurs mois.

Le 22 mai, la Cour suprême de sûreté de l’État a ouvert une nouvelle enquête criminelle à son encontre pour des publications sur les réseaux sociaux.

Le 28 mai, il a été transféré devant le tribunal correctionnel de la cour de sûreté de l’État pour les chefs d’inculpation de « publication de fausses informations visant à porter atteinte à l’État, à ses intérêts nationaux et à l’ordre public, et à répandre la panique dans la population ».

Sa première audience a eu lieu le 1er juin, après 4 mois de détention dans la prison de Liman Tora. Ses avocats n’ont pas pu étudier les charges retenues contre lui dans le dossier.

Depuis son arrestation, Ahmed n’a pu avoir qu’un contact de 20 minutes avec un membre de sa famille et les relations avec son avocat sont restreintes. Accusé d’être lié au terrorisme, il a comparu devant un tribunal pour la sûreté de l’État, une instance spéciale qui ne fonctionne que pendant l’état d’urgence et traitent les crimes les plus graves liés à la sûreté de l’État. Les décisions de ces tribunaux ne sont pas susceptibles d’appel et ne peuvent être approuvées ou désapprouvées que par le Président.

Le 22 juin 2021, il a été condamné à 4 ans de prison.

Le 4 juillet 2022, une cour de sûreté de l’État l’a déclaré coupable de diffusion de « fausses informations » et l’a condamné à trois ans d’emprisonnement. Tous les mécanismes de recours ont été utilisés, et cette condamnation est définitive.

UNE ARRESTATION ET UNE CONDAMNATION QUI N’ONT PAS LIEU D’ÊTRE

Les accusations qui pèsent contre Ahmed sont sans fondement et sont le reflet de la stratégie de répression du gouvernement égyptien à l’encontre des opposants politiques réels ou supposés.

Sa condamnation est uniquement basée sur des publications sur les réseaux sociaux critiquant des violations des droits humains dans les prisons égyptiennes et la mauvaise gestion de la pandémie par les autorités, publications qu’Ahmed a, par ailleurs, nié avoir écrites.

Le fait de criminaliser la diffusion d’informations en s’appuyant sur des concepts vagues comme les « fausses informations » est contraire au droit à la liberté d’expression garanti par la Constitution égyptienne et par le droit international relatif aux droits humains.

La place d’Ahmed n’est pas en prison.

PNG

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