Signer en ligne Ioulia Tsvetkova, militante victime d’une campagne homophobe en Russie

Ioulia Tsvetkova militante LGBTI russe

En Russie, la militante et artiste russe Ioulia Tsvetkova est actuellement visée par des poursuites et victime de harcèlement pour avoir défendu les droits des femmes et des personnes LGBTI. Placée en résidence surveillée du 22 novembre au 16 mars, elle risque jusqu’à six ans d’emprisonnement pour “production et diffusion de matériaux pornographiques”, accusations fondées sur de simples dessins du corps féminin.

Mise à jour (16/03/2020) : Le 16 mars, le tribunal du district de Komsomolsk-on-Amur a pris la décision de libérer Yulia Tsvetkova de son assignation à résidence. Quelques jours auparavant, elle avait été autorisée à se rendre chez son dentiste. Malgré ces développements positifs, Ioulia fait toujours l’objet de poursuites judiciaires. Elle risque jusqu’à six ans de prison et reste soumise à des conditions restrictives, notamment une interdiction de voyager.

Des accusations absurdes, reflet de la campagne russe ouvertement homophobe

Arrêtée le 20 novembre 2019 suite à la publication sur les réseaux sociaux de ses dessins du corps féminin dans le cadre d’une campagne pour l’émancipation des femmes, elle a été qualifiée par les policiers chargés de son arrestation de “lesbienne, formatrice sexuelle et leader de la propagande”. Ces derniers ont perquisitionné son appartement, l’établissement de ses enfants où elle avait travaillé auparavant, ainsi que ses appareils électroniques, documents et ouvrages sur la question du genre.

Le 11 décembre 2019, le gouvernement russe l’a reconnue coupable de “propagande en faveur de relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs” et l’a condamnée à verser une amende de 50 000 roubles (environ 730 euros). Ces accusations portent sur l’existence de deux communautés abordant des thèmes LGBTI, gérées par Ioulia Tsvetkova sur le réseau social russe VKontakte. En réalité, celles-ci étaient signalées “+ de 18 ans”, en accord avec la législation russe.

Prisonnière d’opinion pour avoir défendu les droits des femmes et des LGBTI

Le 17 janvier dernier, une nouvelle procédure a été ouverte à l’encontre de Ioulia Tsvetkova, fondée cette fois-ci sur un dessin posté sur les réseaux sociaux, intitulé “La famille est là où est l’amour. Soutenez les familles LGBT+”. Celui-ci présentait deux couples du même sexe avec des enfants, et rendait hommage à un couple homosexuel forcé de fuir la Russie avec ses enfants adoptés car les autorités russes menaçaient de les leur retirer.

Ces accusations répétées depuis mars 2019 ont mené Ioulia Tsvetkova à quitter son travail au sein de la compagnie de théâtre Merak, une enquête ayant été ouverte pour “propagande en faveur de relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs” liée à sa pièce Bleu rose, dénonçant le harcèlement et la discrimination. La compagnie de théâtre qu’elle avait fondée en 2018 a été contrainte, également, de cesser ses activités.

Les accusations qui visent Ioulia Tsvetkova n’ont donc aucun fondement mais sont le reflet de la campagne russe ouvertement homophobe et répressive menée par le gouvernement. Toutes les charges à son encontre doivent être abandonnées immédiatement.

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