L’adoption de la résolution de l’ONU pour accélérer l’aide humanitaire à Gaza est une étape importante mais insuffisante

Image d'enfant dans la bande de Gaze occupée

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution de compromis exigeant la mise en place de mesures urgentes autorisant et facilitant l’acheminement immédiat, sûr et sans entrave d’une aide humanitaire à grande échelle à Gaza et créant les conditions d’une cessation durable des hostilités.

« Il s’agit d’une résolution indispensable - tous les efforts pour faire face à la catastrophe humanitaire sans précédent à Gaza doivent être salués, mais elle reste terriblement insuffisante face au carnage en cours et aux destructions massives provoquées par les attaques du gouvernement d’Israël dans la bande de Gaza occupée. Seul un cessez-le-feu immédiat pourra atténuer les souffrances massives subies par la population civile dont nous sommes témoins, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

« Il est honteux que les États-Unis aient été en mesure de faire de l’obstruction et d’utiliser la menace de leur droit de veto pour forcer le Conseil de sécurité de l’ONU à affaiblir un appel indispensable à la fin immédiate des attaques de toutes les parties »

« Le vote sur la résolution - qui a été considérablement édulcorée par rapport aux versions précédentes pour éviter un veto américain - n’appelle pas à un arrêt immédiat des combats, mais inclut plutôt un appel à “créer les conditions” d’une cessation des hostilités. Compte tenu du très lourd bilan - avec plus de 20 000 personnes tuées en plus de deux mois - et de l’ampleur effroyable des destructions et des dévastations à Gaza, c’est tout simplement inacceptable.

« Il est honteux que les États-Unis aient été en mesure de faire de l’obstruction et d’utiliser la menace de leur droit de veto pour forcer le Conseil de sécurité de l’ONU à affaiblir un appel indispensable à la fin immédiate des attaques de toutes les parties. »

Complément d’information

La résolution adoptée vise à établir un « mécanisme » pour accélérer les livraisons d’aide humanitaire à Gaza. De précédents projets de résolution avaient appelé à une « cessation des hostilités » ou à une « suspension des hostilités » urgentes, mais ces appels avaient été supprimés en raison de l’objection de la délégation américaine.

Les États-Unis avaient déjà opposé leur veto à deux projets de résolution précédents appelant à l’arrêt des combats depuis le 7 octobre 2023. Le 18 octobre, les États-Unis ont mis leur veto à un projet de résolution présenté par le Brésil appelant à des pauses humanitaires. Puis, le 8 décembre, ils ont opposé leur veto à un projet de résolution soutenu par presque tous les autres membres du Conseil de sécurité et par des dizaines d’autres nations exigeant un cessez-le-feu humanitaire immédiat à Gaza.

Le 12 décembre, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté à une écrasante majorité une résolution non contraignante exigeant un cessez-le-feu humanitaire immédiat à Gaza. Sur les 193 États membres, 153 ont voté en faveur de la résolution et 10, dont les États-Unis et Israël, contre, avec 23 abstentions.

Depuis le 26 octobre, Amnesty International appelle toutes les parties à un cessez-le-feu immédiat afin de mettre fin aux attaques illégales et de protéger l’ensemble des civil·e·s en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Un cessez-le-feu empêcherait de nouvelles pertes en vies humaines parmi la population civile et allégerait les souffrances incommensurables causées par la catastrophe humanitaire à Gaza.

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